Mercredi 4 juillet 2007
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Cher Jean-Louis,
Tu me reproche de soutenir Ségolène Royal et, par ce simple fait, de n’être plus socialiste. Si j’osais, cher Jean-Louis, je t’en remercierais : une perle comme celle-là, même dans une carrière politique, cela ne se rencontre que rarement.
Blague à part, cher Jean-Louis, je peux comprendre que la situation politique au Parti Socialiste ne soit pas à la hauteur de tes espérances Strauss-Kahniennes. Je comprends ta déception et ne te tiens pas rigueur de tes propos, aussi déplacés soient-ils pour Jacques Mellick – qui soutient également Ségolène- et moi-même.
Ta frustration t’aveugle, jusqu'à nier l’évidence. Les faits sont pourtant là :
Plus de 60 % des militants socialistes ont choisi Ségolène Royal pour les représenter à l’élection présidentielle… Ils ne seraient plus socialistes ?
Plusieurs milliers de personnes, le soir du 6 mai, ont manifesté devant la rue de Solferino leur espoir dans une gauche menée par Ségolène Royal… Ils ne seraient plus socialistes ?
Plus de mille personnes se sont retrouvées à Béthune autour de Jacques Mellick et Ségolène Royal… Ils ne seraient plus socialistes ?
Dans ta colère, tu te trompes de combat et d’adversaire. Je le regrette. Il me semble pourtant que devant une droite toute puissante, nous avons vraiment autre chose à faire que de nous déchirer. En ce qui me concerne, j’ai toujours eu une démarche de responsabilité et de respect envers les différents courants de pensée de notre parti. Je n’oublie jamais d’où je viens et à quel camp j’appartiens.
Il est temps, cher Jean-Louis, de te ressaisir. En mettant en cause (dans une espèce d’opposition malsaine) la politique sportive et culturelle de la Ville, c’est toute l’équipe municipale que tu remets en cause. Bien sûr, tout n’a pas été parfait dans ces domaines comme dans tous les autres. Nous pouvons, nous devons faire mieux pour les Béthunois. C’est une exigence de tous les instants. Mais est-il, pour autant, vraiment nécessaire d’affirmer des contre-vérités ?
La politique culturelle de Béthune est reconnue comme l’une des plus dynamiques de la région. Il m’est insupportable de constater qu’un camarade méprise à ce point les classes populaires qui seraient, par nature, totalement étrangères à toute forme de culture. Contrairement à ce que tu sous-entends, la culture ne concerne pas que le centre ville mais tous les Béthunois, quelque soit leur quartier. Tout mon engagement s’articule autour de cette idée. C’est pour cette raison que nous faisons participer chaque année, notamment au Mont Liébaut, plusieurs milliers de personnes à Z’arts Up, le festival de rue que nous envient nombre de grandes villes. C’est pour cette raison également que nous montons, avec les habitants, des projets ambitieux à la médiathèque du Mont-Liébaut. Les exemples ne manquent pas et il serait ici bien fastidieux de tous te les énumérer.
C’est très exactement ce que je dis dans mon article du Nouvel Observateur : ce n’est pas aux classes populaires de s’adapter à nous mais c’est à nous de nous adapter à de nouvelles formes de demandes culturelles.
Ce qui vaut pour la culture, vaut aussi pour la politique. Le temps du guide suprême, du conducator à la science infuse est révolu. C’est d’ailleurs pour cela que j’accompagne mon ami Jacques Mellick depuis tant d’années, non parce que je le considère comme « mon chef » -voilà qui serait bien mal me connaitre-, mais parce que je crois à la proximité naturelle et à l’amour des gens qui dirigent ses actes.
Tu as raison, Jean-Louis, les choses évoluent, les hommes et les besoins aussi, les hommes responsables doivent en faire autant.
Daniel Boys