Editorial

undefined J'ai conçu ce blog comme un outil de proximité et de démocratie, pour vous permettre aussi bien de vous informer sur les problématiques locales et nationales que de m'interpeller sur les sujets qui vous tiennent à coeur.

Après plus de deux ans d'existence, le blog c'est : 100 000 visiteurs uniques, des centaines de milliers de pages lues, près de 400 articles, des centaines de commentaires.

Plus que jamais : intervenez, réagissez, prenez position ! La démocratie, tout comme ce blog, est faite pour ça.

Bonne lecture à vous !

 

Lundi 5 décembre 2005 1 05 12 2005 12:10
Le groupe papetier Finno-suédois Stora Enso vient d’annoncer un projet de fermeture de quatre lignes de production, qui pourrait conduire au licenciement de plus de 2000 salariés en Europe dont 600 sur le site de Corbehem.
 
Au vu de ce plan massif, on pourrait légitimement croire que ce groupe est au bord de la cessation de paiement. Grave erreur. Avec un bénéfice d’exploitation de 93 millions d’Euros au dernier trimestre, la situation financière du groupe scandinave est pour le moins enviable. Quant au site de Corbehem, il a renoué avec les bénéfices depuis plusieurs mois et sa croissance était prometteuse.
 
Certes, la récente baisse des cours du papier liée au développement du courrier électronique et à l’arrivée sur le marché des pays émergents s’est accompagnée d’une augmentation des charges par la hausse des coûts énergétiques. Toutefois, loin d’avoir un quelconque projet d’entreprise, l’objectif de Stora Enso est d’augmenter de 10 millions son bénéfice d’exploitation, en baissant de 220 millions son chiffre d’affaires. Ainsi, le but sous-jacent de la fermeture d’une partie de l’appareil de production est de conduire à une augmentation des cours du papier par la pénurie ainsi créée.
 
Cette caricature de capitalisme d’un autre age, digne de l’ultralibéralisme le plus destructeur, est le drame des 600 employés du site de Corbehem, qui risquent d’être sacrifiés sur l’autel des dividendes de quelques actionnaires. La formule de patron voyou prend ici, il faut le dire, toute sa pertinence : abandonner un appareil de production compétitif, détruire l’emploi et par voie de conséquence parfois même la vie de ceux qui sont la réelle richesse de l’entreprise, fragiliser un peu plus un tissu industriel régional... tout cela, pour accroître à la marge les bénéfices et donc faire monter le cours de l’action (+0,66% le jour de l’annonce du plan de restructuration) !
 
Pourtant, des alternatives sont possibles et auraient pu faire l’objet d’un vrai projet d’entreprise : développer les produits recyclables, promouvoir des politiques énergétiques durables et donc moins tributaires du pétrole... mais cela s’accorde mal avec le choix du bénéfice immédiat, guidé uniquement par des considérations financières de courte vue.
 
Ce genre de pratiques a aujourd’hui tendance à se multiplier, voire à se généraliser. On le sait, à l’inverse de la protection des salariés, l’ultralibéralisme n’a pas besoin de règles et poursuit sa folle fuite en avant. Jusqu’où ira-t-elle ? Elle se poursuivra jusqu’à devenir un modèle de société. Cette société libérale que favorise jour après jour la politique gouvernementale des Chirac, Villepin et autre Sarkozy, c’est l’anti-société par excellence, c'est-à-dire l’individualisme porté à son paroxysme. Il est temps de mettre un terme à cette société froide et égoïste dont nous ne subissons que les prémices pour remettre le travail, plutôt que le capital, au cœur des politiques publiques.
 
La première étape passera par un encadrement beaucoup plus strict et restrictif des licenciements, en particulier concernant les entreprises bénéficiaires, qui préviendrait ainsi de nouveaux « Stora Enso ». En attendant, avec le soutien de leurs élus locaux et des habitants, les salariés du site de Corbehem se battent pour la sauvegarde de leur outil de travail...
Par Daniel Boys - Publié dans : Politique locale et régionale
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Image au hasard

Rechercher

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus