Editorial

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Vendredi 21 décembre 2007
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
 
 
Vendredi soir, se déroulera la cérémonie de clôture de Valenciennes 2007, capitale régionale de la culture où l’ambition affichée était de faire la culture populaire.
 
Aujourd’hui nous pouvons dire que ce pari culturel préparé en un peu plus d’un an, a été tenu au-delà de toutes espérances, c’est en effet toute une population qui s’est mobilisée autour de ses acteurs culturels pour montrer son désir de renaissance, pour dire que la page du déclin industriel se tournait et qu’un nouvel avenir fait de culture, de savoir, de connaissance était en train de s’écrire.
 
Sans préjuger du succès de la manifestation du 21 décembre, ce seront certainement des milliers de personnes de toutes origines, de toutes conditions sociales, de tous âges qui viendront de tout le territoire pour dire qu’exigence artistique et culturelle peut se conjuguer avec populaire pour peu qu’on s’en donne les moyens.
 
Que le Boulon et son futur centre des arts de la rue et du cirque soit chef d’orchestre de cette manifestation est emblématique du renouveau de ce territoire. Personne n’aurait imaginé il y a 10 ans que Vieux Condé qui cumulait les stigmates de la récession industrielle serait la cheville ouvrière d’une manifestation culturelle de haut niveau dans la ville centre de l’agglomération.
 
Et pourtant dans une même soirée les plus grands noms des arts de la rue, ces nouvelles formes très populaires de pratiques culturelles, cotoiront l’inauguration d’un beffroi contemporain témoignage de l’inscription de la ville de Valenciennes et de l’agglomération dans la modernité.
 
Les 100 000 visiteurs à l’exposition Pharaon, les milliers de spectateurs du Cadre Noir de Saumur, du concert de l’ONL ou de l’exposition des enluminures ne sont que la face émergée d’une forte mobilisation populaire qui a concerné les villes et villages autour de spectacles, d’expositions, de manifestations conçues par les artistes et acteurs culturels du quotidien. Ils ont trouvé là des moyens supplémentaires pour développer leur action en direction des publics.
 
Les 8 millions d’euros de fonctionnement et les 4 millions d’investissement auront été un formidable levier pour structurer un territoire en équipement phares, pour mettre en mouvement toute une population vers un nouvel avenir, pour créer des solidarités culturelles régionales, pour nouer des partenariats fructueux entre acteurs culturels, artistes, acteurs et association d’éducation populaire.
 
Monsieur le Président, Chers collègues, si j’ai choisi d’évoquer la capitale régionale pour présenter le budget culturel 2008 c’est parce qu’elle est représentative des choix de notre politique culturelle en faveur de l’aménagement culturel des territoires et de la démocratisation de l’accès à la culture.
 
Dans une région marquée par l’absence d’une ville au poids démographique écrasant, par la présence de nombreuses villes moyennes au centre de territoires en profondes mutations, aux identités différentes, il nous faut renforcer la centralité des villes. L’aménagement du territoire passe par ce renforcement.
 
A cet égard Lille 2004, Valenciennes 2007 et demain Béthune 2010 contribuent à l’aménagement culturel du territoire qui est facteur aussi décisif de l’aménagement que la politique de l’habitat, des transports ou de l’économie.
 
Ces capitales culturelles permettent à toute une population de se rassembler dans un projet de territoire reconnu au niveau régional, voir national. La fierté d’une population trop longtemps méprisée au cours des périodes du déclin industriel lui permet de relever la tête et regarder l’avenir avec confiance.
 
Au cours de l’histoire il n’y a jamais eu de renouveau des sociétés sans renaissance culturelle. Par notre politique culturelle nous nous inscrivons dans cette logique qui a commencé en 1974 et dont nous sommes les continuateurs.
 
Par les événements culturels majeurs proposés, par la mobilisation de tous les acteurs pour favoriser l’accès à la culture nous relevons aussi le défi de la démocratisation culturelle. En cela nous nous sommes donnés les moyens de « faire la culture populaire », thème retenu pour cette capitale.
 
Bien sûr on pourrait objecter qu’une hirondelle de capitale régionale ne fait pas le printemps culturel, mais le budget 2008 comme les budgets précédents montre la cohérence de nos choix en faveur de l’aménagement culturel des territoires et de la démocratisation d’accès à la culture.
 
Les choix budgétaires 2008 dans une période de maîtrise de nos finances montrent que nous donnons la priorité à la politique des territoires avec une enveloppe de 650 000 euros pour soutenir prioritairement les quartiers populaires des villes centres mais aussi des territoires ruraux.
 
Le soutien à la création artistique et aux structures permet à ceux qui sont les acteurs majeurs de la vie culturelle régionale de trouver les moyens nécessaires à la création sans laquelle nous ne pouvons développer en imaginaire collectif porteur d’innovation et d’avenir.
 
L’action culturelle en direction de notre jeunesse ne se dément pas puisque nous reconduisons nos politiques d’apprentis et lycéens en Avignon ou au cinéma.
 
Dans une période où la Ministre de la culture dans sa lettre de recommandation aux préfets rappelle la nécessité de la rigueur, du gel des crédits, d’exercice contraint, par le conventionnement avec les compagnies nous nous efforçons de sécuriser les structures culturelles et donc l’emploi. C’est à ce prix que les forces vives de notre vie culturelle pourront œuvrer dans le sens des orientations que nous nous sommes données.
 
Je me souviens du scepticisme, des doutes, des critiques pour les choix que nous avons fait en faveur du Louvre Lens ou de la capitale régionale. D’aucuns pensaient qu’il ne s’agissait que de coups médiatiques ou d’opérations de prestiges au détriment d’une action culturelle en profondeur. Non seulement nous avons maintenu voir développé notre budget culture mais avec les crédits supplémentaires pour le Louvre Lens ou les capitales régionales nous nous sommes donnés des moyens nouveaux pour notre ambition d’une culture partagée par tous de manière égalitaire sut tout le territoire régional.
 
Le succès de ce choix ambitieux pour la capitale régionale se mesure aujourd’hui par le regard envieux de beaucoup de villes pour s’inscrire dans ce dispositif dont ils mesurent à juste titre l’effet démultiplicateur.
 
D’autres régions s’intéressent aussi à ce concept de capitales régionales.
 
Monsieur le Président, chers collègues, quelle meilleure reconnaissance pour nos choix culturels que le bonheur d’une population d’un territoire si longtemps décrié, quelle meilleure reconnaissance que les sollicitations dont nous comme l’objet par d’autres grandes régions.
 
Je vous remercie de votre attention.
 
 
Daniel BOYS
 
Par Daniel Boys - Publié dans : Politique locale et régionale
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