Jeudi 11 janvier 2007
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…et puis les Enfants de Don Quichotte. Avec une poignée de militants déterminés, ils ont réussi le tour de force de faire ce que personne d’autre n’avait réussi auparavant : sensibiliser les pouvoirs publics à la question des sans-abri, l’une des principales hontes de notre société.
Ce combat doit être salué et soutenu. Il s’agit, ici, plus d’une question humaine que politique.
Le gouvernement semble enfin avoir pris la mesure du problème. Après 5 ans de totale indifférence, il était plus que temps. Hélas, je crains fort que ce revirement soudain de politique ne soit qu’un trompe - l’œil, une véritable attrape à gogos.
En effet, le gouvernement à promis, par la voix de son Premier Ministre le 8 janvier dernier, qu’un projet de loi visant à un droit au logement opposable sera déposé le 17. Neuf jours pour élaborer un projet de loi d’une telle importance, ce n’est même plus de la précipitation, c’est de l’urgence. L’urgence de régler la situation des SDF ou l’urgence de récupérer le bébé de la médiatisation dans un contexte pré-électoral ? Ne soyons pas naïfs. La situation des SDF est éminemment complexe et, en tout état de cause, ne saurait être réglée en une semaine !
Le gouvernement promet tout. Il ne tiendra rien. Villepin le sait mais il s’en moque : la mise en œuvre de ses promesses ne lui appartiendra certainement pas. Méfions nous des « demain on rase gratis », ils conduisent immanquablement aux lendemains qui déchantent…
La réalité, je l’ai dit, est plus complexe. Les SDF ne constituent pas un groupe homogène. Contrairement à un certain nombre d’idées reçues, environ 7 SDF sur 10 sont à la recherche active d’un emploi ou en détiennent un. Seul un tiers des SDF sont complètement désocialisés et souffrent bien souvent d’addictions et de troubles psychologiques. Pour les premiers, c’est la politique du logement qui sera déterminante, pour les seconds l’accompagnement social et médical.
Une nouvelle politique du logement, qui prenne également en compte les mal logés et ceux qui travaillent pour payer leur loyer, réglera une partie de la problématique. Les outils existent mais sont mal appliqués. La loi SRU de 2000 prévoit ainsi la construction de 120 000 logements sociaux par an grâce à l’obligation faite aux communes de plus de 3500 habitants de créer au moins 20% de logements sociaux. Faisons-là respecter. Cette proposition phare de Ségolène Royal s’intègre dans un plan plus global pour lutter contre la crise du logement : notons la création d’un service publique de la caution qui permettra d’assurer les impayés de loyer et d’éviter les expulsions, la création d’une surtaxe pour les logements inoccupés depuis plus de deux ans et la possibilité pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.
Pour un certain nombre de SDF, l’obtention d’un logement ne suffira pas. Un accompagnement spécifique conçu en partenariat avec les associations, qui ne relèverait plus du temporaire mais de la pérennité, doit être généralisé. Les expériences le montrent : c’est avec un accompagnement social, médical et psychologique quotidien sur une longue période qu’il sera possible pour le plus grand nombre de sortir de la spirale infernale de la rue et d’accéder à l’emploi.
La problématique des SDF est décidément trop importante pour la laisser à cette droite qui se réveille en sursaut, après 5 ans de pouvoir, quelques mois avant les élections…
Pour en débattre, rendez-vous sur le forum !
Par Daniel Boys
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Publié dans : Politique nationale
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