Editorial

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Bonne lecture à vous !

 

Politique nationale

Mardi 5 février 2008

4, 9 milliards d’euros. C’est la somme qu’aurait fait perdre à la Société Générale un jeune trader de 31 ans, Jérôme Kiervel. Une somme si gigantesque qu’elle en parait totalement abstraite pour le commun des mortels. Heureusement, Libération nous éclaire : 4,9 milliards d’euros c’est  « 1 an de RMI, soit une aide pour 2 millions de personnes, 1 an d’aide à l’Afrique fournie par l’Union européenne, 1 an de crédit pour la reforestation, 107 267 montres Patek Philippe, comme celle offerte par Carla Bruni à Nicolas Sarkozy, ou encore près de 36 millions de paires de Ray-Ban Aviator, les lunettes favorites du président ».

 

Selon la Société Générale, son employé, apparemment grisé par un besoin de reconnaissance et accessoirement motivé par une prime pouvant aller jusqu’à 300 000 Euros, serait le seul et unique fautif. L’histoire parait simple ; nous avons une victime : la Société Générale, un dommage : 4,9 milliards, un mobile : l’appât du gain et un coupable : Jérôme Kiervel. Un coupable un peu trop idéal, peut-être ? 

 

Bien entendu, la fraude du jeune trader ne fait guère de doutes. L’intéressé l’a reconnu en garde à vue tout en précisant que son cas était tout sauf isolé. Il semblerait, en effet, que le contournement des procédures de sécurité internes soit devenu le sport préféré des traders de la Société Générale.
 
A l’image du générique de la série des années 60 « Mission impossible », la direction feint aujourd’hui de tout ignorer des activités de ses traders. Le contraire aurait été étonnant. Pourtant, le secteur bancaire à connu un précédent. Souvenez-vous de ce trader britannique, Nick Lesson, qui a fait couler la Barings en 1995. Le scandale avait été énorme, ce qui prend un relief particulier lorsqu’on s’imagine, si cela est possible, que la Société Générale à perdu près de 3 fois plus que feu la plus vieille banque d’Angleterre. Donc, plus de 10 ans après la Barings, la Société Générale nous explique, sans sourciller, que ses dispositifs de sécurité internes ne valent rien et qu’un homme, seul, peut jouer 50 milliards en bourse sans que celle-ci ne s’en aperçoive. Sommes-nous dans « Mission Impossible » ou « Incroyable mais vrai » ?
 
De deux choses l’une ; soit la Direction ment pour sauver sa peau, soit elle a fait preuve d’un amateurisme et d’une incompétence inouïe. Dans tous les cas, la direction est au moins tout aussi fautive que son employé.
 
Plus généralement, il ne semble pas hors de propos de nous interroger sur le sens que prend le Capitalisme. Sarkozy et son gouvernement, autrement dit le grand enchanteur et ses lutins, veulent nous faire croire qu’il suffit de travailler plus pour gagner plus. Comme si nous vivions encore dans le capitalisme à papa ! En réalité, le salarié ne choisit pas ses horaires et cela fait belle lurette que la prospérité des groupes industriels et commerciaux tient beaucoup plus à leur capitalisation boursière qu’à leur capacité de production. Tout cela est effrayant. A quelques opérations de bourse près, c’est une des plus grandes banques européennes qui faisait faillite. Que les actionnaires se rassurent, aujourd’hui fragilisée, elle sera peut-être rachetée par un des ses concurrents et dégraissée par la même occasion.
 
Jusqu’ici tout va bien…

Par Daniel Boys
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Lundi 28 janvier 2008
Chers amis,

Aujourd'hui, en guise de lettre d'information, il m'a semblé vraiment intéressant de vous transmettre une lettre qui, parmi le très abondant courrier reçu, m' a particulièrement frappée tant elle décrit  avec des mots simples et justes, révoltés et dignes, l'inquiétante montée des précarités, à comparer avec l'invraisemblable scandale de la Société Générale et les mesures particulièrement injustes de Nicolas Sarkozy sur le paquet fiscal.

Ségolène Royal

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Madame,
 
Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.
 
Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?
 
La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité,  les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.
 
Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.
 
Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.
 
Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.
 
Monsieur Georges P.
Par Daniel Boys
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Vendredi 25 janvier 2008
actunoir.jpg Chers Amis,

Après Saint-Bieuc samedi dernier, ville où Danielle Bousquet est en campagne, je me suis rendue hier à Strasbourg aux côtés de Roland Ries. Là encore, l’atmosphère était très chaleureuse ; et là encore, j’ai vu un parti socialiste en ordre de bataille, pleinement mobilisé pour reprendre la ville à la droite.

À cette occasion, nous avons tous deux déploré les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy. Car avec lui, plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent. Après avoir traité de l'économie solidaire dans un restaurant coopératif, nous avons rappelé l'absence de baisse du chômage, qui ne cesse de toucher très fortement les jeunes.

Nous avons également mis en cause le recul de l'État sur les solidarités essentielles, avec en particulier l'instauration des franchises médicales. Dans le quartier sensible du Neuhof, Roland Ries m’a fait rencontrer une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère : magnifique initiative, source de sociabilité et de convivialité, dans un quartier délaissé par l’équipe municipale en place. Merci aux bénévoles, aux animateurs, aux travailleurs sociaux d’entretenir ainsi l’espoir !

Avec des personnes âgées, nous avons participé à un thé dansant qui se tenait dans le quartier Hautepierre : j’ai senti le mécontentement de beaucoup contre un gouvernement qui avait promis d’augmenter le minimum vieillesse et les petites retraites, et qui n’a encore rien fait. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ferait une lecture nationale des résultats aux élections locales. Face à la politique du pire, nous devons donner lui un bon avertissement en votant massivement pour les candidats de la gauche !

Dans la matinée, je m'étais rendue sur le site de Sony France à Ribeauvillé, dans le Haut Rhin, où 230 emplois sur 719 sont menacés. Les salariés sont frappés par leur cinquième plan social en l’espace de quelques années, résultat d’un manque complet d’anticipation des mutations industrielles.

A la fin des mes entretiens avec les syndicats et la direction, je suis sortie de l’usine où m’attendait une centaine d’ouvriers. La presse, qui n’avait pas eu l’autorisation d’entrer, a calmement forcé le barrage et pu rencontrer les salariés du site.

J’ai rappelé les exigences suivantes : la France devait enfin se doter d’une véritable politique industrielle, notamment en matière de sous-traitance ; il n’y aurait pas de fatalité à la désindustrialisation si tout était fait pour pousser les entreprises à innover et anticiper ; il fallait que l’Europe trouve les moyens de se protéger et de s’organiser ; enfin, la formation tout au long de la vie ne devait pas rester une incantation, mais devenir une réalité !

Merci à tous ceux qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse et qui m’ont accordé leur confiance ! Je leur souhaite bon courage dans leur lutte ! Je suivrai ce dossier attentivement et écrirai dans les prochains jours à la direction de Sony-Europe.

¤¤¤


Dans le train du retour, j’ai appris en lisant le journal Le Monde que la France allait installer une base navale à Abou Dabi, en face des côtes iraniennes. C'est une décision lourde de sens qui a été prise en catimini par le chef de l'État, sans débat au Parlement, en nous plaçant devant le fait accompli.

Quel signal souhaite ainsi envoyer Nicolas Sarkozy ? Cherche-t-il à être le meilleur élève de la « classe Atlantique », au moment où le Royaume-Uni fait entendre sa différence ? Cherche-t-il à provoquer sciemment l'irréversible en créant les conditions d'une montée des extrêmes dans la région ? Comment justifier ces positions « bottées » au moment où il dissémine les centrales nucléaires un peu partout au Moyen-Orient ? Où est la cohérence ?

La fermeté face à l'Iran est une nécessité. J'ai été la première à avertir des dangers de la politique d'enrichissement d'uranium menée par Téhéran. Mais cette fermeté doit être efficace et ne pas conduire à l'escalade, ainsi que l'ont compris aussi bien les candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine que l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker.

L'Iran doit se conformer à ses obligations internationales, mais jamais la politique du « bâton » n'a réussi à créer les conditions de la sécurité et de la stabilité. Plutôt que de se lancer dans une surenchère suiviste de G. W. Bush, la France doit faire entendre la voix de la raison et proposer à l'Iran les voies d'une sortie par le haut.

Il est encore temps d'éviter le pire : offrir à l'Iran de s'intégrer pacifiquement à la communauté internationale, ainsi que le préconise le rapport Baker. Et puisque le président de la République est prêt à « discuter avec tout le monde » (Vladimir Poutine, Mouammar Khadafi, le roi Abdallah etc...), qu'il aille à Téhéran avant qu'il ne soit trop tard, ainsi que Nixon l'avait fait avec la Chine !

À très bientôt,
Amicalement,

Ségolène Royal



Le déplacement à Colmar
http://socialistes.canalblog.com/
 
Le 19-20 de France 3
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b67a_1920
 
Visite de l'usine SONY
http://www.lalsace.fr/

Par Daniel Boys
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Vendredi 14 décembre 2007

Par Daniel Boys
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Vendredi 14 décembre 2007

 

 

 

Par Daniel Boys
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Vendredi 14 décembre 2007
Par Daniel Boys
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Mercredi 21 novembre 2007

Je lis ce matin dans la presse que j'aurais soutenu la réforme de Valérie Pécresse sur les universités.
Ce n'est pas le cas. Au contraire j'ai dit que le gouvernement était en train de gâcher la réforme des universités.
J'ai toujours dit que pour lutter contre l'échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d'université !) il fallait plus d'autonomie et plus de moyens aux universités pour accompagner plus efficacement les étudiants.
En revanche, la réforme telle qu'elle est conduite, comme je l'ai précisé, pose de graves problèmes :
- l'autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience
- le problème de l'échec universitaire n'est pas du tout réglé par la réforme
- il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté.
 
Le pacte présidentiel que j'ai défendu prévoyait :
1/ une loi de programmation pour donner à l'université et à la recherche les moyens de l'excellence
2/ la création d'une allocation-autonomie pour les jeunes afin de leur permettre de faire leurs études dans de bonnes conditions.

Ségolène Royal

Par Daniel Boys
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Lundi 12 novembre 2007

Bonjour,
 
Je me suis rendue hier dans le cabinet médical du docteur Maire. C'est un cabinet de groupe qui pratique une santé de proximité et qui réfléchit à l'organisation du système de soin. Ils sont confrontés comme de nombreux médecins à la peur des malades face à la nouvelle franchise médicale qui sous prétexte de financer la recherche sur la maladie d'Alzheimer fait payer les malades sous forme finalement d'une nouvelle taxe. Il faut savoir que celle-ci a été instituée par décret; Ce qui veut dire que même si elle est modeste au départ, elle pourra augmenter à tout moment sans débat au Parlement. De plus, elle est prélevée quel que soit le revenu des gens, ce qui contraire au principe de la Sécurité Sociale dans lequel on cotise en fonction de son revenu. Cette nouvelle taxe va frapper les malades qui sont aujourd'hui pris en charge à 100 % (maladies de longue durée, cancer, maladies du grand âge...).

Dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat, fragiliser la sécurité de base que constitue l'accès aux soins est une décision inadmissible. Les 800 millions d'euros attendus par cette décision sont à comparer au 15 milliards d'euros de cadeau fiscaux qui ont profité essentiellement aux revenus les plus élevés et aux 60 milliards d'euros de subventions aux entreprises dont la Cour des Comptes vient de dénoncer l'inefficacité ou le caractère injustifié pour une grande partie d'entre elles.

Vous trouverez ci-joint pour en savoir plus le texte de ma tribune que le journal La Croix va publier lundi. J'ai rédigé cette prise de position à partir de témoignages des gens et d'un travail avec les experts, notamment Pascal Terrasse, député de l'Ardèche et spécialiste de ces questions à l'Assemblée.

Nous ouvrons un débat participatif sur le site sur ce sujet et en particulier sur les idées qui concernent une meilleure organisation du système de soins afin de faire baisser le coût de la santé sans remettre en cause l'égalité et la sécurité d'accès aux soins.

Merci de vos témoignages et de vos contributions à ce débat.

Bien cordialement

Ségolène Royal



 TRIBUNE PUBLIEE LUNDI DANS LE JOURNAL LA CROIX


Franchises médicales : la triple erreur

 
Pour financer nous dit Nicolas Sarkozy, les programmes de recherche sur des maladies graves, faisons appel au porte-monnaie des malades y compris des plus modestes. Plutôt que de porter remède aux lacunes de notre système. Il y a là une triple faute : insécurité sociale, erreur sanitaires, inefficacité économique.
 
1/ Insécurité sociale, tout d'abord.
 
C'est une aberration de faire financer les programmes de recherche utiles pour les malades de demain par les malades d'aujourd'hui. Même si des exonérations sont prévues, la contribution va peser de manière uniforme sur tous ceux qui  doivent prendre des médicaments ou recourir à des soins, alors même que la contribution de chacun à l'assurance-maladie est proportionnelle aux revenus. De manière insidieuse, on revient sur les principes de la sécurité sociale chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), illustrant une fois de plus la volonté de la droite de remettre en cause les assurances publiques universelles, pour favoriser la marchandisation de la santé. Une fois de plus, ce sont les personnes âgées à faible revenu et  les salariés les plus faiblement rémunérés qui vont consacrer une part plus importante de leurs revenus à leur protection sociale. On pourrait  objecter que les montants sont faibles mais nous savons d'expérience qu'une fois que le principe est acquis, ce genre de prélèvements augmente au fil des ans, sous la pression du déficit des comptes sociaux.

La fixation de son montant par un simple décret et non son inscription dans la loi renforce cette perspective. En outre, ils viennent d'ajouter à une série de mesures déjà très sensibles pour les ménages : forfait de 1 à 4 euros par consultation, autre forfait de 18 euros à l'hôpital, déremboursements de toutes sortes. Lors de l'instauration de la franchise sur les consultations médicales, ses inspirateurs avaient indiqué qu'il  s'agissait d'une mesure exceptionnelle. A quand la franchise sur tous les actes ? A quand de nouveaux déremboursements déguisés par la hausse de ces franchises ? En vérité, les classes modestes et moyennes sont celles qui vont être  progressivement orientées vers les assurances privées, pour couvrir toutes ces charges nouvelles, laissant au bord de la santé tous ceux qui n'ont pas les moyens de financer une couverture complémentaire et l’accès au soin doit rester une sécurité de base.

 
2/ Erreur sanitaire ensuite.
 
Ces franchises s'appuient sur l'idée que l'on pourrait, étant malades, faire le choix de consommer moins de soins dès lors qu'on serait sensibilisé aux coûts. Outre que c'est le médecin qui  prescrit et non le malade qui décide, allez expliquer aux personnes qui ont été jugées suffisamment malades pour être prises en charge à 100 % (les diabétiques, les cancéreux, les personnes atteintes par le VIH…, tous ceux qui souffrent d'une maladie longue et coûteuse, y compris comble de l’ironie les patients atteints de maladie d’Alzheimer) que c'est à elles que reviendra en priorité la charge de financer les dépenses d’assurance-maladie. L’affectation de cette nouvelle contribution à la recherche sur une autre maladie est un leurre, comme en témoignent les comptes présentés par le Gouvernement.. Toutes les études montrent que l'on doit donner la  priorité à la prévention, au traitement et au dépistage précoce des affections, au bon suivi des traitements. C'est un enjeu de santé publique fondamental, car se soigner tôt évite le plus souvent des dépenses plus lourdes ultérieurement. Inviter le malade à peser sur le  choix des prescriptions en le faisant payer est donc un contresens qui pourrait se révéler très dommageable pour la santé des Français à moyen terme. C’est d’autant plus pernicieux que déjà 13 % des Français restreignent  leurs soins pour des raisons financières. Il est donc absurde de faire payer une franchise aux malades chroniques alors que même les petites dépenses sont indispensables.
 

3/ Inefficacité économique enfin.
 
Toutes les études sur  la compétitivité et  l'attractivité de notre pays, montrent que l'un des points forts de la France est précisément la qualité de son système de santé et les conditions d'accès aux soins, malgré les attaques dont il est l’objet. S'il existe des rigidités dans certains domaines, que j'avais moi-même soulignées en proposant que le dialogue social accorde plus d'agilité aux entreprises exposées à la concurrence, il est économiquement contre-productif de s'attaquer à l'un des points forts de notre compétitivité par une approche erronée. Ce dont notre pays a besoin, c'est de travailleurs bien formés, motivés par une juste rémunération et rassurés par l'existence d'une sécurité sociale qui leur permet de se concentrer sur leur vie professionnelle et leur épanouissement. Il est donc primordial que des mesures soient prises pour restaurer l’équilibre des comptes sociaux pour conserver cet acquis économique du pays.
 
C’est d’autant plus vrai qu’il existe d’autres solutions. Le produit de cette nouvelle taxe sur les malades (800 millions d'euros) aurait pu être trouvé en faisant des économies. Je propose comme je l’avais déjà fait une réduction des 60 milliards d'aides aux entreprises, dont chacun sait qu'une grande partie bénéficie à des secteurs protégés qui n'en ont pas besoin et dont la Cour des Comptes a très justement souligné les manques de justification.  Il est surtout nécessaire d’engager une réforme sur l’offre de soins, la meilleure coordination entre médecine de ville et hospitalière, le renforcement de toutes les actions de précautions et le lancement de programmes de recherche européens pour faire baisser le coût des soins.


Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association Désirs d'avenir  : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion

 

Par Daniel Boys
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Jeudi 8 novembre 2007

 

Par Daniel Boys
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Jeudi 8 novembre 2007
Ce qui est en train de se passer aux Echos est grave. Voilà un journal dont l'indépendance fonde la crédibilité, un journal qui gagne de l'argent, un journal dont le lectorat augmente.

Il vient de tomber aux mains de Bernard Arnault, la première fortune de France contre l'avis de sa rédaction qui s'est mobilisée pendant quatre mois en dénonçant des risques sérieux de conflits d'intérêt.

Car, comment parler sereinement des activités des multiples filiales du groupe LVMH ? Comment traiter sereinement les résultats des groupes concurrents ? Comment rester politiquement libres alors que Bernard Arnault est un ami intime de Nicolas Sarkozy ?

Parfaitement cynique, l'Elysée a non seulement couvert l'opération mais s'en est réjoui publiquement. C'est une formidable nouvelle pour un journal qu'un industriel achète 240 millions d'euros, c'est un prix très très important s'est réjoui George Marc Benamou le conseiller culture et audiovisuel de Nicolas Sarkozy en reconnaissant, mais sans s'en émouvoir, que oui, il risquait d'y avoir des conflits d'intérêt rédactionnels et éditoriaux.

En même temps qu'il rachète Les Echos, Bernard Arnault vend La Tribune... La première fortune de France s'arroge le droit de restructurer à son avantage le marché de la presse économique. Et le gouvernement ne trouve rien à redire. Quand on lui demande s'il va saisir le conseil de la concurrence pour s'assurer de la transparence de toute cette opération, il élude la réponse.

Quand l'argent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie.
Par Daniel Boys
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