Editorial

undefined J'ai conçu ce blog comme un outil de proximité et de démocratie, pour vous permettre aussi bien de vous informer sur les problématiques locales et nationales que de m'interpeller sur les sujets qui vous tiennent à coeur.

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Plus que jamais : intervenez, réagissez, prenez position ! La démocratie, tout comme ce blog, est faite pour ça.

Bonne lecture à vous !

 

Tribune Libre

Mercredi 21 novembre 2007
Un des objectifs du Parti Socialiste : changer la vie des classes populaires 
La première cause du mal de vivre des citoyens des quartiers populaires est le manque crucial d’emplois. Quand ils ont un emploi souvent précaire ou d'éxécutant mal rémunéré, ils souffrent du manque de perspectives d'avenir, de promotion sociale.
Etre chômeur ou érémiste n'est pas un  privilège comme peuvent le penser certains de nos camarades. Personne ne connaît un cadre supérieur,  abandonner son emploi, sa maison et devenir érémiste , habiter en cité HLM ou en foyer
Cette question de l'emploi importante  à laquelle le Parti Socialiste doit savoir répondre concrètement afin que ces citoyens de milieu populaire reprennent confiance à nouveau en notre Parti :
"Quel avenir professionnel durable pour ces citoyens de toutes origines jeunes ou adultes, femmes ou hommes, de faible niveau scolaire avec sans ou peu de qualification suite aux fermetures d'entreprises, aux délocalisations, à la concurrence déloyale des pays émergents, à l'informatisation/robotisation/automatisation des emplois qu'ils auraient pu occuper ? Sont-ils condamnés à être toute leur vie érémistes, employés précaires, chômeurs ou finir leur vie comme SDF ?"
Jean JAURES ne disait-il pas à son époque et cela, à mon avis, est toujours d’actualité avec le développement des nouvelles technologies :  "La vérité  c’est que le machinisme pose à l’ordre social actuel un problème qu’il ne pourra pas résoudre et sans lequel il succombera. Car la machine tend partout à se substituer à l’homme.
Que ferez-vous des salariés ?C’est dire que la Nation sera obligée de proclamer et d’organiser le droit au travail ".
Les visites d’usines effectués par Nicolas SARKOSY ont eu plus d’impact dans le milieu ouvrier que nos débats participatifs. Les résultats électoraux dans les régions ouvrières (Le Nord-Pas-de-Calais,  la Picardie ou la Lorraine) le démontrent 
 
Nous devons constater le peu de participation des classes populaires dans le milieu politique là où se prennent les décisions car à ce jour la sphère politique est réservée à des gens provenant des couches sociales élevées.
Il existe une tendance à vouloir discréditer la valeur de la participation politique des couches les plus populaires.
Les classes populaires votent de moins en moins pour le représentant du Parti Socialiste à l'élection présidentielle ou aux législatives .
Pour rappel, 70% des ouvriers votaient pour François Mitterand alors que 49%des ouvriers et 49% des employés ont voté Ségolène Royal.
Il faut avoir le courage de reconnaître qu'à chaque fois que nous avons gouverné en 1981, 1988 et 1995, nous n'avons pas su, pas pu changer concrètement, transformer la vie des citoyens de milieu populaire : le chômage que l'on n'a pas pu réduire fortement dans les catégories populaires - , des cités de plus en plus nombreuses en difficulté - plus d'échec scolaire car depuis 1994  150 000 jeunes sortant du système scolaire en échec chaque année. Nos réponses n'ont pas toujours été adaptées à ces citoyens jeunes, adultes et anciens de milieu populaire de toutes origines face à leurs souffrances, leur désarroi, leurs attentes concernant leur avenir.
Avant d'évoquer l'égalité réelle des chances, analysons avec lucidité, humanisme, réalisme la réalité du mal de vivre vécu par les citoyens de milieu populaire dans les villes ou les villages : l'emploi (le chômage, la précarité, la promotion sociale, la formation qualifiante et le pouvoir d'achat, les fins de mois difficiles), le sentiment d'abandon, l'échec scolaire , la santé, la protection sociale, la réduction des services publics, les méfaits de la drogue, l'insécurité et les incivilités, les diverses discriminations, l'ennui des jeunes (enfants, adolescents, mineurs, jeunes adultes), la pauvreté, la laicité, l'état des "cités HLM" (le mauvais entretien des immeubles, la saleté, le bruit, les dégradations à répétition, le coût du loyer, problèmes de cohabitation, le manque de suivi des bailleurs sociaux ou privés), ne pas pouvoir accéder à la culture -aux loisirs et au sport, la peur de l'Europe et de la mondialisation. Nous devrons agir simultanément sur tous ces thèmes car les problèmes sont économiques, sociaux, financiers et humains.
C'est un devoir en tant que socialistes de répondre au mal de vivre de cette population. Pour nous socialistes, la pauvreté est intolérable.
 
Notre Parti doit faire un effort pour s'ouvrir aux citoyens des classes populaires en améliorant les conditions d'accueil des adhérents Une large campagne d'adhésion doit être menée non seulement par Internet, mais d'autres moyens doivent être trouvés. Tous les citoyens n'ont pas un ordinateur ou s'ils en possèdent un ne vont pas systématiquement vers les sites politiques. Selon le CREDOC, 24% des ouvriers et 13% des non diplômés sont connectés à Internet.
Notre Parti doit privilégier sa prochaine campagne d'adhésion en direction des  cités HLM et des villages. La dernière campagne a vu affluer en majorité des citoyens diplômés , de milieu favorisé par leur emploi et origine sociale. Un certain équilibrage sociologique s'impose à notre Parti
Notre Parti a nécessité de créer, nous qui prônons la formation tout au long de la vie, un institut de formation dans chaque département. Cela permettra à tous les militants surtout ceux qui n'ont pas eu la chance pour diverses raisons de suivre des études d'acquérir les connaissances utiles pour exercer un mandat électoral ou un poste à responsabilité au PS. Le Parti Communiste a permis à une époque à des ouvriers, des employés, des agents de maîtrise ou des cadres moyens , après formation, d'exercer un mandat électoral : maire, conseiller général ou député.
 
Nous devons marquer, rappeler fortement nos références à nous socialistes que sont Jean Jaurès, Léo Lagrange, Léon Blum, François Mitterand .  Comment avons-nous pu rester inertes, vis-à-vis du monde des salariés et des anciens qui ont combattu durement pour obtenir diverses conquêtes sociales, quand Nicolas SARKOSY a récupéré à son profit Jean Jaurès et Léon Blum dans les usines ou ses meetings ?
La MJS doit aussi s'ouvrir vers l'autre jeunesse, celle qui n'est pas universitaire, celle des des quartiers populaires, les jeunes des lycées professionnels, les jeunes salariés, les apprentis ou ceux en contrats de professionnalisation. Cette autre jeunesse souvent oubliée dans nos discours. 

Changer la vie des quartiers populaires, des classes populaires doit être un des chantiers prioritaires du Parti Socialiste.
 
« L’une des fonctions du socialisme, c’est non seulement de satisfaire les besoins matériels mais de retrouver le sens du bonheur » Léo Lagrange.
 
 

 

Par Daniel Boys
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Lundi 8 octobre 2007

Petites réflexions . . .

 

Le 3 octobre 2007, le président Nicolas Sarkozy a reçu à l'Élysée Alexis II, le Patriarche de Moscou et de l'Église orthodoxe russe, à l'occasion de sa première visite en France... Et là vous vous dîtes « Et alors ? »


Si ce n’est que la veille, le 2 octobre 2007, Alexis II s'était exprimé devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Invité par un député à préciser son point de vue sur l'homosexualité, suite à son opposition à la tenue d'une Gay Pride à Moscou, il a rappelé que même si l'Église orthodoxe russe éprouvait amour et compassion envers tous, y compris les pécheurs, elle considérait la Gay Pride comme une propagande homosexuelle influençant les jeunes au péché. Puis il a ajouté que l'homosexualité était « une maladie et une déformation de la personnalité de l'homme, comme la kleptomanie » , et qu'au même titre que le vol, personne n'avait à en faire la publicité, « surtout vu son influence sur les jeunes ».

Juste après avoir reçu Alexis II, Nicolas Sarkozy a « salué » l'importance de cette visite : « Cette démarche inédite et exceptionnelle est un signe majeur et tangible de la volonté des chrétiens d'Europe de se rapprocher et d'unir leurs efforts, autour des racines chrétiennes de l'Europe, pour construire une société plus humaine... » (Ça doit faire plaisir à Christine Boutin  ça !)

Euh ?? « Une société plus humaine » qui considère l'homosexualité comme une maladie ? C'est une (mauvaise) blague ou quoi ?  Plus loin encore dans le raisonnement sommes-nous encore un état démocratique et laïc ?

C'est en tous cas un bien joli message d'espoir envoyé à tous les homophobes de la planète... Peu importe qu'ils qualifient l'homosexualité de « maladie », ils seront quand même reçus en grandes pompes à l'Élysée... C'est un député du Nord qui doit être content ! Et c’est ce même député du Nord qui pourrait remporter, sous investiture UMP, la Mairie de Tourcoing et faire ainsi virer à droite la communauté urbaine de Lille !

Mais bizarrement aucun « Politique Républicain » ne reprend l’information ! ?

Un oubli ? Ou un désintéressement d’une minorité pas toujours visible (mais qui vote) et à laquelle on ne s’intéresse qu’en période électorale Nationale ?

 

Devons nous repartir en arrière …cette République d’avant François Mitterrand ?

 

Est ce encore le FN le véritable danger aujourd’hui ?

 

A quand le triangle Rose obligatoire ?

Par Daniel Boys
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Mercredi 6 juin 2007
L'ouverture prioritaire du Parti Socialiste aujourd'hui doit aller  vers l'adhésion des  salariés de droit privé, des chefs d'entreprise (TPE, PME et SCOP) , des fonctionnaires de catégorie C, des commerçants, des artisans et les classes populaires (les ouvriers, les employés....)  . Notre Parti ne peut pas continuer à être représenté, à fonctionner depuis des années  aussi bien au niveau de nos dirigeants que de nos élus par des universitaires, des enseignants, professions libérales, fonctionnaires de catégorie A ou énarques. Le pouvoir doit être partagé avec d'autres catégories sociales du pays.
Notre Parti  aussi doit s'ouvrir encore plus aux citoyens de la diversité (issus de l'immigration, DOM-TOM, harkis, citoyens de plus en plus nombreux nés de couples mixtes, ...) et être à l'image de notre population, un parti véritablement métissé quitte à choquer certains camarades. Sur ce point, de gros progrès restent à faire.

Une large campagne d'adhésion doit être menée pas seulement par Internet, d'autres moyens doivent être trouvés. Tous les citoyens n'ont pas un ordinateur ou s'ils en possédent un ne vont pas sytématiquement vers les les sites politiques.
D'où la nécessité aussi pour notre Parti de créer, nous qui prônons la formation tout au long de la vie, un institut de formation dans chaque département. Cela permettra à tous les militants surtout ceux qui n'ont pas eu la chance pour diverses raisons de suivre des études d'acquérir les connaissances utiles pour exercer un mandat électoral ou un poste à responsabilité au PS. Le Parti Communiste a permis à une époque à des ouvriers, des employés, des agents de maîtrise ou des cadres moyens , après formation, d'exercer un mandat électoral : maire, conseiller général ou député.

En ce qui concerne les classes populaires , nous devons constater le peu de participation des classes populaires dans le milieu politique là où se prennent les décisions car à ce jour la sphère politique est réservée à des gens provenant des couches sociales élevées. Il existe une tendance à vouloir discréditer la valeur de la participation politique des couches les plus populaires.
Une question importante aussi à laquelle le Parti Socialiste doit savoir répondre concrétement pour que ces citoyens de milieu populaire  reprennent confiance à nouveau au Parti Socialiste :

Quel avenir professionnel durable pour ces citoyens de toutes origines  jeunes ou adultes,  femmes ou hommes, de faible niveau scolaire avec sans ou peu de qualification suite aux fermetures d’entreprises, aux délocalisations, à l’informatisation/robotisation/automatisation des emplois qu’ils auraient pu occuper ? Sont-ils condamnés à être toute leur vie érémistes, employés précaires, chômeurs ou finir leur vie comme SDF ?

 
La MJS doit aussi s'ouvrir vers les jeunes des quartiers populaires, les jeunes des lycées professionnels, les jeunes, salariés, les apprentis ou ceux en contrats de professionnalisation. Cette autre jeunesse souvent oubliée dans nos discours.

Notre Parti après l'analyse rigoureuse et honnête des défaites et des des victoires depuis  1981, de propositions concrétes adaptées à la réalité du vécu de nos compatriotes dans cette mondialisation et de l'Europe  et en s'ouvrant  à d'autres catégories sociales de la population, sera capable de capter plus du tiers des votants.
 
Par Daniel Boys
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Vendredi 30 mars 2007

Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?
Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des  pleins pouvoirs ?
Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête  du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite  crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice  régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la  vénérable ORTF. M. Sarkozy a en effet menacé de « virer » notre  direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui  dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il  est venu, le 18 Mars dernier, participer à l'émission France Europe  Express, présentée par Christine Ockrent.

À peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse  d'abord allerà quelques grossièretés, estimant que cette émission «  l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire !
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les  couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà  les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage).  Coupable de ce «crime de lèse-Sarkozy »,  voici notre direction sur  la sellette. « Toute cette direction, il faut la virer », a lâché  le  candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 Mars 2007. « Je  ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre.  ça ne va pas tarder ».

Les Français sont désormais prévenus ! L'une des  priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera  de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à  exécuter les courbettes.
Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction  à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction  qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme cette  récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service  politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est  journaliste de gauche ! ». Désormais, c'est à la direction qu'il veut s'en  prendre ?

La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de  France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part  d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons  que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour  l'indépendance des chaînes de service public.

Non, Monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction  Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils  résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons  des comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de  téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux  d'information.

Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous  n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de  votre part, ni de la part d'aucun autre candidat.

À bon entendeur.

La Société des Journalistes de France 3. Le 23 Mars 2007

Par Daniel Boys
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Vendredi 9 mars 2007

Cela n'a l'air de rien. Des informations annoncées sur un ton modéré qui inspire plutôt la confiance, qui a l'apparence de l'honnêteté. Ce ton donné par P. POIVRE d'ARVOR et C. CHAZAL sur TF1, adopté par PUJADAS et tant d'autres sur France 2. Un ton patelin: ces gens là ne peuvent pas mentir, n'est-ce pas? D'ailleurs, ils ne mentent pas… Ils font pire!

Mercredi 7 mars, journal de 20 heures. On évoque la résidence de Ségolène ROYAL et de François HOLLANDE. Certes, On en fait beaucoup plus que l'on o'en avait fait la semaine précédente pour l'appartement de SARKOZY, on interroge un prétendu expert à charge sans rechercher d'autres sources d'information comme si l'expert détenait la vérité, on passe une bribe, juste une bribe, de réponse de Ségolène ROYAL… Tout cela fait propre, professionnel, de bon aloi…

Pour clore le sujet, M. PUJADAS explique sur un ton cette fois beaucoup plus ferme et sans contestation imaginable que SARKOZY a sollicité l'avis des services fiscaux et que ceux-ci ont déclaré qu'il n'y avait rien d'anormal dans sa situation. Point!

En fait, sous ses aspects propre, honnête, BCBG, de journaliste compétent et consciencieux, PUJADAS a un comportement de ripoux du journalisme.

Pour le téléspectateur ordinaire, ce qu'il faut retenir de cette prestation, c'est que Ségolène ROYAL et François HOLLANDE   ont trompé le fisc et que SARKOZY, lui, a été lavé de tout soupçon par l'administration des impôts.

Ce qui est grave, odieux, choquant, c'est que le montage du sujet, la succession des séquences et la chute (la chute, très importante en communication!) laissent à penser aux téléspectateurs que Ségolène et François sont coupables et que SARKOZY est innocent. Même si dans quelques jours, France 2 annoncera que les services fiscaux n'ont rien trouvé d'anormal dans les déclarations de Ségolène ROYAL et de François HOLLANDE, le mal aura été fait. On aura semé le doute de manière difficilement réversible.

Cette technique sophistiquée n'est pas le fruit du hasard. Elle est calculée, pensée, préparée. Elle est de l'ordre du subliminal (faire passer une idée, un slogan, un jugement sans en avoir l'air, en douceur) et de la manipulation de l'opinion publique. Elle est parfaitement contraire à la démocratie et contraire à la déontologie journalistique, indigne du service public de télévision. Elle est d'autant plus choquante que l'on sait bien que les citoyens ne sont pas préparés à décrypter de type de manipulation (il faudra bien intégrer ces problèmes de lecture des médias  dans les programmes scolaires) et que c'est toujours le Parti Socialiste  qui en est victime.

Par Daniel Boys
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Mardi 13 février 2007

Les machines à voter ont discrètement fait leur entrée sur le terrain électoral en France. Mais le moment est venu de mettre en pleine lumière l’extension du phénomène. 800 000 électeurs dans deux départements, les Hauts-de Seine et les Alpes-Maritimes, si rien ne change, n’auront pas d’autre choix, pour les prochaines élections, que d’utiliser une « machine à voter ». Sans parler de la situation dans d’autres communes qui donne l’impression d’un mitage du territoire. A ce niveau d’enjeu, il n’est plus possible de regarder ailleurs ou de célébrer l’apparence de la modernité. L ’exigence d’un contrôle démocratique s’impose.

Plus de 380 000 électeurs dans 16 communes dirigées par la droite dans les Hauts-de-Seine devraient voter à l’aide de machines à voter pour les élections présidentielles de 2007.  

Antony : 36 738 électeurs ; Maire RPR
Bois-Colombes : 13 782 électeurs ; Maire RPF
Boulogne-Billancourt : 60 063 électeurs ; Maire UDF
Châtenay-Malabry : 15 903 électeurs; Maire UMP
Châtillon : 18283 électeurs ; Maire UMP
Colombes : 39 715 électeurs; Maire RPF
Courbevoie : 42 194 électeurs; Maire RPR
Garches : 11 445 électeurs; Maire RPR
Issy-les-Moulineaux : 34 638 électeurs ; Maire UDF
Levallois-Perret : 35 448 électeurs; Maire DVD
Le Plessis-Robinson : 15 305 électeurs; Maire RPF
Sceaux : 13 276 électeurs; Maire UDF
Sèvres : 13 195 électeurs ; Maire UMP
Suresnes : 21 699 électeurs; Maire RPR
Vaucresson : 5 797 électeurs; Maire DVD
Ville-d'Avray : 6 851 électeurs; Maire UDF

Total : 384 332 électeurs

D
ans les Alpes Maritimes (département dont le Président du Conseil général est M. Estrosi), ce sont plus de 400 000 électeurs dans 10 communes dirigées par la droite qui devraient voter à l’aide de machines à voter :  

Antibes : 45 943 électeurs, Maire UDF
Cagnes-sur-Mer : 29 569 électeurs, Maire UMP
Cannes : 44 896 électeurs, Maire UMP
Grasse : 26 337 électeurs, Maire DVD
M
andelieu-la-Napoule : 14 617 électeurs, Maire UMP
Mougins : 12 022 électeurs, Maire UMP
Nice : 195 319 électeurs, Maire UMP
Saint-Laurent-du-Var : 18 866 électeurs, Maire UMP
Vence : 11 409 électeurs, Maire UMP
Villeneuve-Loubet : 8 929 électeurs, Maire RPF

Total : 407 907 électeurs

Ces deux départements sont, de très loin, les plus « avancés » dans l’équipement en machines à voter. Ils sont au cœur du « système Sarkozy ». Compte-tenu du nombre d’électeurs aujourd’hui concernés, et des controverses autour de l’opacité des machines à voter, il n’est pas possible de ne pas s’interroger sur le sens de cette situation.

Le développement de l’usage de ces machines se réalise hors de tout débat national, hors de toute délibération du Parlement, hors du contrôle démocratique.

La ville d’Issy-les-Moulineaux (Maire : André Santini) annonce son équipement en machines à voter, au moment où le gouverneur de Floride débloque plusieurs millions de dollars pour envoyer les machines à voter de cet Etat à la casse.

Le seul argument en faveur de l’usage de ces machines est la rapidité de dépouillement. Celui-ci doit-il emporter toute lucidité, au nom d’une « modernité » fallacieuse ? Au risque que cette prétendue modernité n’apparaisse comme le dernier avatar de pratiques peu recommandables, susceptibles d’altérer le pacte démocratique ?

Le risque que cette situation fasse « système » ne peut être totalement exclu. Il importe de ne pas courir ce risque. La transparence de l’urne, la présence d’assesseurs dans le bureau de vote et la participation des électeurs au dépouillement restent les meilleures garanties du déroulement démocratique et de la sincérité d’un scrutin. Nous en appelons aux plus hautes autorités de l’Etat : le recours aux machines à voter doit être interdit pour les élections présidentielles et législatives de 2007. Leurs usage fera l’objet d’un moratoire, permettant la tenue d’un débat public et approfondi qui débouchera sur une décision du Parlement, le moment venu. 

En savoir plus : 

- le site « ordinateurs de vote » : http://www.recul-democratique.org/ 

- sur Marianne en ligne http://www.marianne-en-ligne.fr/une/e-docs/00/00/D1/9A/document_une.phtml

 

 

Par Daniel Boys
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Mercredi 7 février 2007

Hier soir, mardi 30 janvier vers 19h, une rafle commence sur la Place  de la République, les fourgons (de 8 à 10 au départ selon les témoins) sont placés côté 3° arrondissement, les policiers, trois par trois, contrôlent les identités dans le métro et aux sorties. Contrôle ciblé des personnes « visiblement étrangères . Alertés, une trentaine de militants du Réseau Education Sans Frontières et d'ailleurs se rend sur  place. Discussion avec les forces de l'ordre, slogans solidaires avec les sans papiers, bousculade au moment du départ du dernier fourgon rempli de sans papiers, arrivée des maîtres chiens pour faire dégager  les empêcheurs d'arrêter en rond. Une vingtaine, peut-être plus, de sans papiers a été arrêtée.

Une rafle comme on en voit plusieurs fois par semaine à Paris depuis le  mois d'août ?

Oui, mais celle-ci a quelque chose de particulier.

Au même moment, sur le terre-plein central de la Place de la République, les restos du cœur organisent une distribution de 400 repas, comme tous les mardis, jeudis et samedis à cet endroit. Les habitués de cette distribution arrivent en métro et sont contrôlés, embarqués.
C'est  comme pour les bêtes : l'appât au centre, les chasseurs en embuscade, les fourgons pour évacuer les prises. Cette rafle ciblée « clients des restos du cœur » a été exécutée sur réquisition du Procureur de la  République qui avait ordonné des contrôles entre 19h et 23h sur un périmètre comprenant la place de la République et ses environs.

Une « opération » du même ordre a eu lieu il y a une quinzaine de  jours. Les forces de l'ordre s'étaient postées sur la place même, bien visibles. Ce jour-là les restos du cœur n'ont distribué que 150 repas au  lieu des 400 habituels.

Qui donne ces ordres ?

Le ministre de la chasse aux étrangers monte d'un cran dans le cynisme : toutes les rafles sont intolérables, celles qui prennent pour cible les gens qui ont faim sont immondes. Les plus démunis ont confiance dans les restos du cœur qui depuis tant d'années leur apportent un peu de réconfort pendant l'hiver.
Devront-ils demain renoncer à ces distributions de repas devenues trop dangereuses pour eux ?

 Fin décembre, le Préfet de Police de Paris a eu une attitude digne en interdisant la distribution de soupe au porc organisée par l'extrême droite et destinée à trier les « bons pauvres » des « mauvais  pauvres ».

Laissera-t-il interdire les restos du cœur aux sans papiers en transformant les lieux de distribution en piège ?


Communiqué du Réseau Education Sans-frontières Paris

Par Daniel Boys
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Lundi 5 février 2007

J'avoue qu'au départ, j'étais un peu sceptique. Je m'interrogeais sur les articulations entre les travaux engagés depuis longtemps au niveau national par le Parti Socialiste: commission nationale, groupe des experts, les propositions des syndicats d'enseignants progressistes, de la FCPE et des mouvements d'éducation populaire, des autres partis de gauche et notamment de ceux qui nous soutiennent à ce jour. Et puis je vois que c'est comme la crème anglaise, presque soudainement, de manière imprévisible, ça prend… et ça donne de l'espoir.

J'avoue que je craignais les interventions marquées par la nostalgie, approuvant de ROBIEN, le b-a ba, le calcul, l'abandon de la scolarité à 16 ans, etc. Ne disait-on pas que 80% des français approuvent ces mesures ultra conservatrices, prônées depuis longtemps par le Front National? Ne constate-t-on pas chaque jour à quel point les médias manipulent une opinion publique sous informée sur ces questions complexes au point de faire dans les esprits une réalité d'un mythe, celui de l'école de Jules FERRY? Et puis, dans chacun des débats que j'ai introduits, animés, avec des publics aussi différents et variés qu'à LILLE Centre, MAUBEUGE ou ELEU près de LENS, j'ai constaté une grande attention, un intérêt pour une recherche de la vérité sur l'histoire de l'école, y compris quand cette vérité était dérangeante pour nous-mêmes, comme le constat de l'abandon de la loi d'orientation de 1989 (Loi JOSPIN).

J'avoue que j'avais peur de voir les débats de fond occultés par les questions quantitatives à un moment où les suppressions de postes pleuvent sur l'académie. Certes, les moyens sont un élément vital pour le système éducatif, ceux de l'Etat mais aussi ceux des collectivités locales. Certes, il faudrait moins d'élèves par classe, des maîtres supplémentaires pour permettre d'autres organisations et rompre avec la rigidité du "un maître / une heure / une classe / une année". Mais pour les socialistes, il faut aussi savoir quelle société nous voulons construire avec quelle école, quelles valeurs, comment…Et l'immense majorité des participants aux débats, de toutes conditions sociales, a compris les enjeux idéologiques du problème…

J
'avoue que je m'attendais à quelques attaques en règle de propositions mal comprises de notre candidate sur les 35 h des profs, sur le rôle des militaires… Mais si les médias ont cru pouvoir réduire et déformer propos et intentions, les militants, les citoyens soucieux d'un avenir démocratique pur notre pays ont compris qu'il faudra trouver les moyens de reconnaître la réalité du travail des enseignants, redéfinir leurs missions, leur donner des conditions de travail dignes du 21ème siècle (bureaux, salles de réunions, etc) et qu'il faudra prendre en compte sérieusement la dégradation du climat dans les établissements, notamment dans les collèges.

En fait, l'immense majorité des participants a compris qu'il fallait changer malgré les slogans pernicieux contre la succession caricaturée des réformes, qu'on ne pourrait pas se satisfaire de dépoussiérages, de ravalement de façades, de coups de pinceaux. Il faudra changer et changer fort, dans le respect de chacun, dans la concertation et le dialogue constructif, engagé… Les participants ont massivement pris conscience qu'il faudra du courage politique et qu'ils sont ouverts à l'innovation, à l'évolution, au changement si celui-ci est expliqué, préparé, accompagné, soutenu…

Après un creux de vague fabriqué par les médias favorables à la droite, la vérité éclate: l'espoir est là. Et la volonté.

Par Daniel Boys
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Lundi 5 février 2007

Sarko l'avait promis :"on ne viendra pas à la privatisation". La vidéo FR3 du 06/04/2004. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Menteur ou impuissant, c'est donc à nous de lui faire tenir parole.  

 

http://www.cgt-energie-paris.com/phpBB2/PHOTOS/AUTRE/Sarkofr3-06-04-2004.wmv

 

Mon nom ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez forcément son oeuvre, ou tout au moins son travail. ...

Membre du Groupe d'Intervention des Gaziers Nationalisés"GIGN"

 

http://www.cgt-energie-paris.com/

 

Résistance à EDF-GDF

Par Daniel Boys
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Lundi 15 janvier 2007


Comment des gosses peuvent-ils tuer un de leurs copains en présence des autres dans une cour de collège? Le drame est atroce, terrible, difficile à commenter, tellement insupportable que l'on a tendance, après le temps de la compassion et de la perplexité, à vouloir, consciemment ou non, tourner la page. Pour une majorité de parents, la colère reste cependant rentrée, avec l'angoisse à l'idée que cela pourrait arriver à ses enfants. Pour la majorité des éducateurs, au-delà des discours convenus sur l'insuffisance ou non des moyens, reste un certain sentiment de culpabilité, pénible, mais qu'un prochain évènement, une nouvelle catastrophe, un professeur agressé, feront oublier.  Certes, il s'agissait d'un collège particulièrement difficile. Certes, la dégradation du climat avait été remarquée et signalée aux autorités avec une demande de moyens supplémentaires. Mais, est-on bien sûr que des moyens supplémentaires auraient suffi pour l'éviter? Est-on sûr qu'il ne s'agit que d'un accident isolé dont on s'empresse de minimiser l'importance en soulignant que la victime avait une malformation cardiaque?

Sait-on que dans des collèges ordinaires, non ZEP, non "ambition réussite", la violence et les incivilités se multiplient contrairement à ce qu'en disent les sondages et les enquêtes administratives dont la fiabilité est contestée? Sait-on qu'elles se banalisent avec un seuil de tolérance qui s'élève naturellement?  Sait-on que les recensements d'incidents et d'accidents inscrits dans des formulaires ne peuvent en aucun cas traduire les émotions, les découragements, le malheur des uns et des autres, victimes et agresseurs?

Face au drame, les uns protestent contre l'insuffisance des moyens: postes de surveillants, d'assistants, de conseillers d'éducation, d'aides éducateurs, effectifs trop chargés, etc. Ils sont sans doute raison. Les autres démontrent que les moyens n'ont cessé de croître dans les établissements les plus difficiles. Ils n'ont pas tort.

Mais les problèmes demeurent. La situation continue de s'aggraver malgré tous les plans antiviolence successifs. Et les programmes politiques, même pour des échéances déterminantes comme les présidentielles, demeurent timorés, souvent de l'ordre de l'incantation ou de l'ordre du ravalement de façade alors qu'il faudrait de grandes réformes fondamentales, courageuses,
mobilisatrices, cohérentes,  pour un nouveau projet de société si l'on ne veut vraiment pas que notre société se rapproche encore davantage de l'ultra libéralisme destructeur du vivre ensemble.

Trois priorités apparaissent avec une intensité aveuglante: l'exigence d'un projet de société lisible par tous les citoyens, un aménagement du territoire réellement démocratique, une réforme en profondeur du système éducatif.

Le drame de Meaux montre les germes d'une société de l'indifférence et de l'individualisme. Les gosses qui n'interviennent pas, qui ne courent pas pour aller chercher l'aide de l'adulte le plus proche sont prêts à se taire et à se détourner quand une personne sera agressée dans le métro ou dans la rue. Les gosses qui se battent avec une violence inouïe parfois déjà dans les cours des écoles maternelles imitent les images qui inondent les écrans de leurs jeux et de leurs téléviseurs. Si l'évolution des images ne semble pas pouvoir être maîtrisée, il faudra bien s'engager dans une réflexion sur les valeurs et sur de nouveaux rites sociaux et surtout sur les moyens à mettre en œuvre pour les construire et les transmettre en utilisant les médias
(on diffuse bien des spots sur la consommation ou la sécurité routière), l'école, le monde associatif, les services publics. Il faudra du temps, du courage, un peu d'utopie, une véritable mobilisation collective transcendant les alternances politiques pour enrayer la dégradation et construire un avenir meilleur.

Le drame de Meaux montre que le zonage qui a pu contribuer un temps à réduire les inégalités est désormais usé. On ajoute des dispositifs aux dispositifs, des instances aux structures, de l'administration partout, des évaluations et des dossiers, des moyens aux moyens, sans améliorer en profondeur la mixité sociale indispensable à l'épanouissement individuel des citoyens et à la qualité de la vie dans la cité. C'est que les dispositifs ne modifient pas en profondeur les pratiques en vigueur ni à l'interne des systèmes concernés ni à l'externe dans les relations entre les systèmes et leur environnement.


Ainsi si l'on défend, à juste titre dans l'état actuel des choses, le principe de la carte scolaire comme facteur de cohésion sociale, on sait bien que ce principe est trop souvent détourné par ceux qui le peuvent, aggravant du coup les risques d'exclusion et de ghettoïsation, et que la solution ne peut se trouver qu'en dehors du système scolaire, dans des politiques d'aménagement du territoire et de l'habitat audacieuses, portées par le collectivités territoriales et fortement aidées par l'Etat dans un plan à 10 ou 20 ans. Les quotas de logements sociaux même assortis de sanctions ne sauraient suffire. Dans l'immédiat, il ne peut pas être exclu de réduire l'inflation de dispositifs et d'administration de ces dispositifs (ZEP, CEL, Ambition réussite…), voire même de supprimer les ZEP, et d'envisager une
nouvelle politique de financement du fonctionnement des établissements scolaires, publics et privés, et sociaux, et une nouvelle politique d'affectation des moyens humains, en fonction de la moyenne des CSP, pour des durées supérieures à l'année scolaire (pour trois ans par exemple). Dans le même temps, une lutte contre les inégalités territoriales est urgente. Il est scandaleux que dans telle école dans telle commune, les élèves bénéficient de sorties scolaires, de spectacles, d'équipements sportifs, de sites informatiques et que, passée la frontière de la commune, parfois à quelques centaines de mètres, les élèves n'aient rien de tout cela ou presque rien. On peut s'interroger à ce propos sur la pertinence de l'échelon de la commune pour le fonctionnement des écoles. Les intercommunalités pourraient trouver là de nouvelles raisons d'être.

Le drame de Meaux montre que, faute d'avoir assuré sa mutation, qui avait été amorcée par  la rénovation pédagogique des années 70 et marquée par la loi d'orientation de 1989 malheureusement abandonnée y compris par ses auteurs, le système éducatif n'est pas en situation de s'inscrire dans la perspective d'une nouvelle société. Elle ne peut pas aujourd'hui prendre en charge correctement ce que Jacques Delors dans un rapport à l'Unesco définissait comme les quatre piliers de l'école du futur: savoir apprendre, savoir faire, savoir être, savoir vivre ensemble. Le courage politique a manqué jusqu'alors pour s'engager à long terme. Si l'on te touche pas aux programmes, aux missions des enseignants, à la place de l'école et du collège dans la cité, si l'on se contente de ravaler, d'ajuster, de corriger, d'ajouter des évaluations, du soutien, de la remédiation, on se dirige inéluctablement vers de nouvelles déceptions et vers des crises. Pourquoi conserver à toutes fins les disciplines actuelles? Pourquoi pas de la philosophie, du droit, de l'écologie, du développement de l'intelligence dès l'école maternelle? Qui a décidé que la juxtaposition de disciplines actuelles était immuable? Une véritable réforme des programmes prendrait nécessairement en compte l'exigence de donner du sens aux savoirs scolaires, de rendre lisible leur articulation avec les savoirs sociaux, de garantir les transversalités. L'absence de  ce sens est un des facteurs majeurs du désintérêt et de la démobilisation des élèves. Les professeurs de l'école fondamentale à construire, de 3 à 16 ans, ne peuvent plus être essentiellement des transmetteurs de savoirs. Ils devront devenir quels que soient leur discipline et leur niveau d'intervention, en même temps, des professeurs d'intelligence, de maîtrise de la langue et de citoyenneté, engagés dans un véritable projet d'établissement qui ne soit pas qu'un formulaire rangé dans un tiroir. Une telle évolution exigera une formation pédagogique nouvelle, à inventer et à mettre en œuvre sans tarder. Tant que l'on n'osera pas transcender les savoirs disciplinaires et les didactiques en se mobilisant sur la pédagogie, il sera vain d'espérer un renouveau. De même, il faudra enfin, absolument, intégrer les écoles et les collèges dans le tissu social en en faisant les lieux privilégiés, ouverts, de la société de la connaissance et du partage des savoirs, transformant par la même, fondamentalement, les rapports entre la famille et l'école.

Si le drame de Meaux pouvait développer les prises de conscience et stimuler les volontés collectives de construire un monde meilleur pour tous et une école à la hauteur des enjeux…

 
Paru dans Libération, le 26/12/06.

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Par Daniel Boys
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