La Tchétchénie : chronique d'une guerre oubliée...

Publié le par Daniel Boys

La mondialisation s’accompagne d’un paradoxe à priori incompréhensible. Alors que l’information nous semble mondialisée, que les frontières de la médiatisation semblent ne plus exister, le grand livre des guerres oubliées s’enrichit chaque jour. Combien de conflits armés perdurent aujourd’hui sur notre planète sans que nous en soyons informés ? Sans doute plusieurs dizaines. On en viendrait à penser que ce qui n’est pas médiatisé n’existe pas. Cela n’a rationnellement que peu de sens, mais c’est pourtant malheureusement exact tant notre société est dictée par l’information sélective et jetable. Sélective car supposée peu vendeuse par ceux qui nous la transmettent, jetable car oubliée aussitôt qu’elle est connue par ceux qui la reçoivent. Les médias ont leur part de responsabilité, bien sûr, mais celle-ci est également largement collective : nous tous, en tant que citoyens, avons la fâcheuse tendance à ne nous intéresser qu’à ce qui nous est proche et immédiat.  D’autres exemples nous démontrent que la mort d’un africain, par exemple, n’a pas la même valeur dans la hiérarchie médiatique que la mort d’un occidental. Cette phrase est terrible, mais réelle du point de vue du traitement de l’information. Le reconnaître et l'intégrer pour décrypter notre journal quotidien, c’est déjà faire un premier pas dans notre conscience citoyenne.
 
La guerre en Tchétchénie est un exemple flagrant de guerre oubliée. Elle nous saute parfois à la figure par épisodes sanglants. Le dernier en date s’est déroulé il y a un an où l’infamie d’une prise d’otage d’une école s’est conclue en boucherie collective. Après l’émotion première, que s’est-il passé ? Rien ou presque. Les médias ne s’y intéressent pas et, par voie de conséquence, la plupart d’entre nous non plus. Pourtant, il ne tient qu’à nous d’ouvrir les yeux sur le monde et notamment sur ce conflit, dont l’horreur perdure depuis plus de 10 ans. La Russie, démocratie inachevée -c’est le moins que l’on puisse dire-, doit cesser immédiatement son intervention militaire et ses exactions, qui contreviennent aux Droits de l’Homme les plus élémentaires. Le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes doit être une réalité, et non plus uniquement une déclaration de bonnes intentions. Certains rétorqueront que ce combat est vain. J’affirme qu’ils ont tort. C’est l’opinion publique qui a mis fin à la guerre du Vietnam, c’est elle qui s’oppose toujours à la guerre en Irak et qui empêche sans doute qu’elle ne soit encore plus sale qu’elle ne l’est déjà.

Willy Brandt, combattant de la paix, croyait en cette conscience collective : « laisser commettre une injustice, c’est ouvrir la voie à la suivante... », disait-il. Cette phrase, c’est notre exigence citoyenne. C’est pour cela  que des associations s’engagent et que je me rendrai, à l’invitation d’Amnesty International, à la manifestation du samedi 5 novembre contre la guerre en Tchétchénie. Elle se déroulera place du Théâtre à Lille, en face de l’Opéra, à partir de 14h.
 

Pour en savoir plus sur la guerre en Tchétchénie, je vous invite à consulter le dossier en ligne de wikipédia disponible ici.
Publicité

Publié dans Archives 2005-2009

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article