Changeons !

Publié le par Daniel Boys

Je ne suis pas intervenu sur le blog depuis plusieurs semaines. Ce long silence n’est pas synonyme de désintérêt ou bien encore d’abattement devant la succession des défaites électorales. Je laisse à d’autres ce genre de sentiments. Si je n’ai pas souhaité m’immiscer dans la cacophonie ambiante, c’est parce qu’il me semblait nécessaire de prendre le temps du recul et de la réflexion.
 
De recul et de réflexion, nous en avons effectivement bien besoin à l’heure où la nouvelle religion d’Etat - le Sarkozisme -, intensément relayée par les médias, nous explique que le Parti Socialiste n’a pas d’avenir, que la défaite est immuable et qu’être de gauche est soudainement devenu le comble de la ringardise.
 
De recul et de réflexion, nous en avons encore plus besoin à l’heure où certains socialistes, sans doute nostalgiques d’un certain congrès de Rennes en 1991, croient qu’ils pourraient mieux régner en divisant ou, mieux encore, en brulant ce qu’ils ont encensé quelques mois auparavant.
 
De recul et de réflexion, nous en avons d’autant plus besoin à l’heure où quelques personnalités, pour quelques strapontins, perdent leur notion de frontière droite / gauche, instillant ainsi le doute et l’incompréhension dans l’esprit de nombre de nos concitoyens.  
 
Voilà les symptômes d’un Parti Socialiste bien malade. Indubitablement malade de ne pas avoir voulu assumer, comme l’on fait la plupart de nos amis européens, l’évolution idéologique et sémantique qui fait du Parti Socialiste un grand parti social-démocrate. Car là est tout le paradoxe : nous sommes sociaux-démocrates sans vouloir l’être, comme si se reconnaitre comme tel était constitutif d’une sorte de trahison d’un passé mythique dont le congrès d’Epinay de 1971 et sa fameuse « rupture d’avec le capitalisme » est l’évangile.
 
C’est bien la raison pour laquelle la question du leadership n’en est pas véritablement une. Le Parti Socialiste guérira de ses travers, non lorsque celui-ci aura changé de leader –voilà qui serait bien illusoire-, mais lorsque nous aurons, nous militants, nous cadres, nous élus, changés. Nous aurons collectivement changés lorsque nous déciderons qu’être socialiste ce n’est pas regretter le passé mais anticiper l’avenir, lorsque nous parlerons aux gens de leurs problèmes quotidiens et non de nos querelles de clochers qui n’intéressent à peu près personne et, enfin, lorsque nous ferons le choix du courage, c'est-à-dire d’assumer ce que nous sommes.
 
Bien sûr, changer de logiciel, en particulier au Parti Socialiste, ne va pas toujours de soi. Nous avons cinq ans devant nous, avant les prochaines élections nationales, pour nous retrouver et incarner de nouveau l’alternative à une droite toute puissante. Au travail !
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Publié dans Archives 2005-2009

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