CPE - Motion du Conseil Municipal de Béthune
Contre le CPE,
Contre la précarité institutionnalisée des jeunes
Depuis plusieurs semaines, à Béthune comme partout en France, les étudiants, jeunes, lycéens, chômeurs et salariés se mobilisent en masse contre le Contrat Première Embauche. Cette lame de fond sociale, d’une ampleur inégalée depuis les événements de mai 1968, s’amplifie de jour en jour.
La Ville de Béthune déclare soutenir sans réserve les légitimes revendications de ses concitoyens. Elle ne peut accepter ce contrat dérogatoire au Droit du Travail qui, loin de créer le moindre emploi, n’aura d’autre conséquence qu’enfoncer notre jeunesse dans la précarité. Le CPE revient à interdire le CDI aux moins de 26 ans et empêchera l’accès d’un grand nombre de jeunes à la location et au crédit.
Le CPE, comme le CNE, n’est que la partie émergée de l’iceberg. En ouvrant une telle brèche dans le Droit du Travail, c’est vers une lente mais totale remise en cause du CDI que nous nous dirigeons. Les Français ne veulent pas de cette société ultralibérale, injuste et précaire que le gouvernement nous prépare.
Pourtant, devant la détermination sans faille des Français, il persiste dans la voie du cynisme. En imposant le CPE par le biais du 49-3, il a refusé au parlement le droit de s’exprimer. En écartant d’avance toute négociation sur ses modalités les plus contestables, il apporte une fin de non recevoir à la volonté populaire.
Le Premier Ministre joue et fait la guerre. Or, le destin d’un pays n’est pas un jeu et doit être traité autrement que dans une atmosphère belliqueuse.
L’entêtement du gouvernement conduit notre pays dans une impasse sociale aussi inquiétante que dangereuse. Enfermé dans un comportement irresponsable et aveuglé par des considérations purement inspirées par ses ambitions personnelles, le Premier Ministre prend le risque d’une radicalisation du mouvement. Lui et ses soutiens politiques nourrissent une épreuve de force dont nul ne peut prévoir l’issue et dont ils devront assumer toutes les conséquences.
La paix sociale doit être rétablie sans tarder. Elle ne pourra l’être sans qu’un dialogue s’engage. C’est pourquoi, la Ville de Béthune affirme que le retrait de CPE est le préalable nécessaire pour renouer le