Le CPE ou le Titanic de la droite...

Publié le par Daniel Boys

Les étudiants, jeunes et salariés ont finalement eu raison de l’obstination et du mépris du gouvernement. Il était plus que temps : l’agonie du CPE n’en finissait pas. Ces derniers jours, son enterrement prenait une allure tout à la fois pathétique et digne des plus riches heures du grand guignol.

Pathétique, comme les efforts désespérés du Président de la République et du Premier Ministre pour sauver la face. Echec monumental. L’intervention de Jacques Chirac du 31 mars a fait un flop, pour le moins retentissant au vu de la mobilisation qui en a suivi. Décidément, il lui reste bien peu de temps pour sauver les apparences d’un double mandat marqué par une succession d’échecs sur à peu près tous les plans. Quant à Dominique de Villepin, désormais auto surnommé « l’incompris de Matignon », son inflexibilité contrariée lui coûte bien plus qu’un peu d’amour propre. C’en est bien fini de ses ambitions présidentielles.

Digne des plus riches heures du grand guignol, comme les tentatives de Nicolas Sarkozy et de ses amis pour profiter de la confusion gouvernementale. On savait le chef de l’UMP capable de manger à tous les râteliers, on en a maintenant l’absolue certitude. On aurait presque tendance à oublier que celui-ci faisait, jusqu’à il y a peu, signer des pétitions pour le CPE, tant il se pose désormais comme le fossoyeur en chef de ce contrat mort-né. Finalement, il est bien dommage que le CPE n’ait pas été maintenu quelques jours de plus : on l’aurait sans doute vu manifester auprès des jeunes, muni de son Kärcher portatif dernier modèle pour en découdre avec les forces de l’ordre.

Le retrait du CPE ne doit pas devenir l’arbre qui cache la forêt. Cette forêt, c’est le bilan catastrophique de quatre très longues années de pouvoir absolu de l’UMP. Que ce soit pour la sécurité ou pour l’emploi, ses « deux grands chantiers », la droite a échoué. Le populisme sécuritaire Sarkozien, largement contre-productif, n’a pas répondu dans les faits aux inquiétudes du pays. Dans le même temps, si le chômage fléchit cahin-caha « grâce » aux radiations de chômeurs et aux départs à la retraite des générations du Baby-boom, la casse sociale du gouvernement a eu beaucoup de conséquences sauf celle de créer des emplois.

Notre pays est en panne. Pour repartir, il a besoin d’un nouveau moteur, et certainement pas d’une nouvelle carrosserie. A un an des élections présidentielle et législatives, on peut déjà affirmer que l’alternative sera claire : à droite, on prend les mêmes et on poursuit dans cette voie sans issue d’un libéralisme aussi injuste qu’inefficace, à gauche, on applique une autre politique pour apporter de nouvelles réponses aux grands dossiers qui préoccupent les Français.

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Publié dans Archives 2005-2009

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