Jacques, Dominique, Nicolas et Guy ou « petits arrangements entre amis... »

Publié le par Daniel Boys

Certes, la complexité de la fameuse affaire Clearstream, au nom bien mal choisi, a de quoi rendre perplexe les plus aguerris des commentateurs de notre vie politique. Néanmoins, s’il est une chose très claire dans ce dossier, c’est bien l’état de délitement de la majorité actuelle.

Tentons de simplifier le fond de l’affaire. Un juge, Renaud Van Ruymbeke, reçoit une lettre « anonyme » contenant un listing de personnalités censées avoir perçu des commissions occultes de la part d’une société de compensation interbancaire, Clearstream. Parmi les personnalités visées, Nicolas Sarkozy mais aussi, aussi incongru que cela puisse paraître, la Chanteuse Alizée et le mannequin Laetitia Casta.

Très vite, il apparaît qu’il ne s’agit que d’une vaste manipulation, dont Dominique de Villepin ne serait pas totalement étranger au vu des notes du désormais célèbre Général Rondot. Il aurait, en effet, manœuvré afin de discréditer le petit Nicolas, candidat déclaré à la Présidentielle. L’affaire aurait pu s’arrêter sur ce constat, mais c’était sans compter sur le sens politique du chef de l’UMP. Se présentant aujourd’hui en principale victime d’un complot, Sarkozy aurait, selon le Canard Enchaîné, été dès l’origine au courant de l’affaire et, par conséquent, l’instrumentaliserait à son profit.

Bref, « gardez moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis », nous assistons actuellement à un jeu de poker menteur au plus haut sommet de l’Etat. L’histoire, pour le moment, ne dit pas si la mise est le présumé compte bancaire secret de Chirac au Japon...

Dans une démocratie « normale », le gouvernement aurait dû démissionner devant un tel scandale. Hélas, la droite française est ce qu’elle est. Elle considère que le pouvoir est une fin en soi, qui ne saurait s’accompagner de la moindre morale ni même du moindre compte à rendre aux citoyens.

Comment penser autrement au vu de la récente amnistie offerte à Guy Drut, ancien ministre RPR, par le Président de la République ? Condamné à 15 mois de prison avec sursis et à 50 000 euros d’amende dans une affaire d’emploi fictif, il sera totalement exonéré de peine par la grâce du Prince. Cette justice à deux vitesses, ce régime des copains et des coquins, dignes d’une république bananière, sont une véritable honte pour notre démocratie.

Décidément, rien ne pourra rehausser cette droite aussi inefficace qu’irresponsable. Certains d’entre eux veulent cinq ans de plus ? Non merci ! La République mérite mieux qu’une droite qui a contribué à la discréditer en confondant ses petits intérêts personnels ou politiciens avec l’intérêt supérieur des valeurs qui la fondent.

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Publié dans Archives 2005-2009

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