Ségolène Royal, une méthode pour un socialisme moderne
Si j’ai décidé d’apporter mon soutien à Ségolène Royal, ce n’est pas pour succomber à une mode, victime d’un matraquage médiatique, mais parce qu’elle incarne par sa démarche et ses propositions un renouveau politique dans lequel se retrouvent une grande majorité de militants socialistes, de sympathisants de gauche, de françaises et de français auxquels elle s’adresse en répondant aux préoccupations concrètes de leur vie quotidienne.
Nouvelle démarche politique qui correspond aux changements profonds de notre société et auxquels le Parti Socialiste, né de la révolution industrielle, doit s’adapter. La crise du militantisme, de l’engagement militant, notre échec en 2002 malgré un bilan exceptionnel est révélateur de cette inadaptation. Vouloir le nier, c’est mener la politique de l’autruche. L’engouement des adhésions à 20 euros pour la désignation de notre candidate ou candidat à la présidentielle montre clairement que nos concitoyens ont une conscience politique, une envie de s’impliquer dans les choix importants qui engagent l’avenir de notre pays ; mais ils souhaitent le faire dans des formes nouvelles.
Le succès des forums participatifs que Ségolène Royal a lancés dès le début de son implication dans la précampagne présidentielle sont une nouvelle preuve de l’intérêt pour la politique, mais vécue d’une autre manière que les pratiques politiques traditionnelles, trop centrées sur les débats internes à notre parti. Confronter le projet du Parti Socialiste pour la présidentielle aux interrogations et aux aspirations qu’expriment dans ces forums les militants syndicaux, associatifs ou de simples citoyens n’est pas le dénaturer mais, au contraire, l’enrichir. C’est considérer que même si notre projet est légitime, il le sera encore plus lorsqu’il sera enrichi et porté par ceux qui, sans être des militants, se reconnaissent dans le projet socialiste pour la présidentielle. Comme l’a rappelé Ségolène Royal dans son discours de Vitrolles « Forts de leurs valeurs, nos grands anciens n’ont pas craint de porter sur leur époque un regard neuf car c’est cela aussi être socialiste : le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales. Nous avons des idées directrices mais nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente ».
Je me reconnais pleinement dans cette démarche qu’a initiée Ségolène Royal en proposant des nouvelles formes d’engagement. Elle permet au Parti Socialiste d’être plus ouvert aux préoccupations de notre société, plus attentif et à l’écoute de ceux qui, sans vouloir s’engager de manière traditionnelle, veulent nous accompagner dans les transformations économiques et sociales de notre pays. Ce n’est finalement qu’affirmer que le Parti Socialiste, tout en étant fidèle à ses valeurs et à ses combats, doit devenir un parti adapté à notre époque.
Je suis convaincu que nous sommes à une époque charnière de la vie politique française. Une page se tourne, glorieuse pour le Parti Socialiste, pour la gauche et nous devons rendre hommage à Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand qui ont su à leur époque écouter la société française et mettre en œuvre les progrès sociaux que la droite, patiemment, démantèle aujourd’hui. La meilleure façon de continuer leur œuvre tout en étant à l’écoute d’une société qui a changé, de nos concitoyens, de ceux qui souffrent de la politique de la droite, ce n’est certainement pas de faire appel aux mânes du passé, mais c’est comme nous le propose Ségolène Royal d’inventer aujourd’hui le socialisme de demain, un socialisme moderne appelé social-démocratie.