(vidéo) "Avec des amis comme André Flajolet, l'Université de Béthune n'a pas besoin d'ennemis"

Publié le par Daniel Boys

Article paru dans la Voix du Nord, le 8 novembre 2006 :
La classe politique béthunoise s’agite à l’université

 

Se disant excédée par les déclarations « négatives » du député UMP sur le dossier de l’université, la section PS de Béthune a réagi, hier, lors d’une conférence de presse. « On ne dilapide pas les bijoux de famille », a commenté Jacques Mellick sur un ton patriarcal.

PAR DAVID CIERNIAK
bethune@info-artois.fr Depuis près de 40 ans, les étudiants aiment porter le débat dans la rue. La classe politique béthunoise, qui compte notamment dans ses rangs deux anciens professeurs - André Flajolet et Daniel Boys - préfère, semble-t-il, s’agiter dans les amphithéâtres. À huit mois des élections législatives, le dossier de l’université de l’Artois se politise.
Cet été, André Flajolet a dégainé le premier. Dans la guerre des chiffres, il sortait, malgré le soleil, un peu brillant 650. Le député UMP de Béthune assurait qu’avec ce nombre d’inscrits, la faculté des sciences appliquées « allait droit dans le mur ». Les universitaires, se sentant blessés, répliquaient par un décompte de 821. Mais depuis la rentrée des classes, le député de la majorité gouvernementale persiste et signe. Une obstination que dénoncent, aujourd’hui, les élus PS de Béthune. Et c’est le secrétaire en personne qui est monté au front. Jacques Mellick, qui trouve la situation « inadmissible », parle de « polémique », « d’attaques » et de «  comptes d’apothicaire » avant de revenir sur la genèse de l’université. Histoire de rappeler le chemin parcouru et les luttes qu’il a fallu mener pour obtenir cet « outil de développement ». C’était il y a 14 ans. Aujourd’hui, le maire de Béthune tient à mettre en garde sur ce dossier « fondamental » qui, à ses yeux, permettra au territoire de gagner la bataille de la reconversion industrielle de l’après-automobile. « Il ne faut pas faire de l’université un enjeu politique. L’université est un bijou de famille de l’arrondissement et on ne dilapide pas les bijoux de famille », déclare calmement mais fermement Jacques Mellick.

« Effectif stable », assurent les élus PS
Dernier point soulevé par l’ancien ministre, son incompréhension vis-à-vis de la prise de position d’André Flajolet ; « Le député a participé aux réunions de réorganisation et n’a jamais pris la parole pour dire qu’il était contre ».
Quant à Daniel Boys, il revient sur la dimension de « justice sociale » que porte l’université. à travers ses effectifs – «  40 à 45 % des étudiants sont boursiers » – et sa proximité géographique. Sur un ton ironique, le premier adjoint déclare : «  Comme notre député est bien informé, il sait que le ministre de l’Éducation nationale avait annoncé une baisse démographique de la population des étudiants. Pour l’université d’Artois, nous avons perdu 100 étudiants », ce qui, selon lui, n’est rien comparé aux 15 000 étudiants en moins annoncés sur 5 ans au niveau national. « Le pôle de Béthune et les sciences appliquées comptent aujourd’hui 803 étudiants. À L’IUT, les étudiants sont 1 167 », martelle Daniel Boys. Un tour de force, estime-t-il, en pleine chute démographique et des choix des jeunes qui s’orientent davantage vers le littéraire et le tertiaire que la technologie. « Si André Flajolet a du poids, qu’il intervienne auprès du ministre pour obtenir des masters », pose comme défi le conseiller régional. 

Publicité

Publié dans Archives 2005-2009

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article