L’abbé Pierre est mort, son combat continue…

Publié le par Daniel Boys

L'abbé Pierre - 1912-2007L’abbé Pierre, fondateur d’Emmaüs, est décédé ce matin, dans sa 94éme année.

Contrairement à ce que certains pensent, lui rendre hommage, ce n’est ni participer à un concert de louanges médiatique, ni remporter le concours du tressage de la plus belle couronne de lauriers mortuaire. Comme celui-ci nous le rappelait, sa personne n’était rien, son combat était tout : « Sur ma tombe, à la place de fleurs et de couronnes, apportez-moi les listes de milliers de familles, de milliers de petits enfants auxquels vous aurez pu donner les clés d'un vrai logement ».

Telles des pleureuses antiques, nous trouvons déjà au premier rang des inconsolables ceux qui ont été à deux doigts d’adopter, il y a un an, des amendements vidant de sa substance la loi SRU. Les mêmes qui ont obligé l’abbé Pierre à revenir à l’assemblée, 60 ans après son élection à la députation, pour dénoncer par sa présence symbolique aux débats parlementaires ce qu’il considérait être une atteinte à « l’honneur de la France  ».

L’abbé Pierre n’est plus, mais son combat continue. Hélas, une moitié de siècle après son appel de l’hiver 54, l’actualité la plus récente montre que l’essentiel reste à faire pour mettre un terme au mal logement. L’abbé Pierre n’était pas un homme de promesses, il était un homme d’action. Il savait, plus que tout autre, que seule la construction massive de logements sociaux était la réponse à apporter aux défis du logement pour tous.

Construire 120 000 logements sociaux par an, comme le propose Ségolène Royal, n’est-ce pas là le plus bel hommage que nous pourrions rendre à son combat ?

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Publié dans Archives 2005-2009

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