DISCOURS DECLARATION DE CANDIDATURE DU 21/03/12
Il y a juste 2 ans, le 21 Mars 2010, ici, dans ce foyer François Albert, je prenais l’engagement de me présenter aux élections législatives de 2012. C’était l’expression d’un désir, d’une volonté de donner un nouveau souffle à Béthune, au béthunois, au Lillèrois, au Bas Pays et au Pays de l’alloeu. C’était un soir de victoire, celui de la gauche diverse.
Mon bilan comme conseiller régional, ma capacité à rassembler, ont permis cette belle victoire. D’autres soirs de victoire viendront, soyez en sûrs et pour commencer je vous donne rendez-vous les 10 et 17 Juin pour mon élection comme député, pour la victoire de la gauche, une gauche humaniste, ouverte, sociale, écologique et solidaire
Mais entre le moment où l’on exprime son désir, sa volonté et celui où l’on se lance dans la bataille, il y a le temps de la réflexion, où l’on se dit qu’il faut être à la hauteur des attentes de celles et de ceux qui vous font confiance. Ne pas décevoir, porter les espoirs d’une population de tout un territoire, c’est une énorme responsabilité qui mérite une réflexion profonde. L’égo doit être mis au second rang, les ambitions personnelles doivent s’effacer devant le seul combat qui mérite de l’intérêt, celui du développement, du progrès social, de l’égalité et de la justice.
Fermetures d’entreprises, explosion du chômage, de la précarité, de la pauvreté et en même temps démantèlement des services publics qui sont le bouclier des plus faibles. Coupes sombres dans l’éducation, la santé, la justice, la police. En un mot démantèlement des services construits au cours de notre histoire par les luttes sociales, le Front populaire, le conseil national de la résistance, la gauche de François Mitterrand en 1981ou de Jospin en 1997. N’oublions pas que ce sont ces services publics, aujourd’hui en péril qui ont permis la mise en œuvre des valeurs de notre république : Liberté, Egalité, Fraternité en permettant l’accès de tous au savoir, à la culture, à la santé, à la sécurité, au logement quelque soient leurs origines.
Devant cette situation dramatique au plan national et vous le vivez encore plus durement au plan local comment peut-on hésiter à s’engager quand on est soi-même un pur produit de la République et que cette République qui vous a tant donné est abîmée.
En ce moment j’ai une pensée pour mes parents ouvriers, mon père maçon, ma mère cartonnière, modestes par leur situation sociale, modestes par leurs moyens financiers, mais si riches de leur histoire de militants ou de résistants qui se sont battus pour le progrès social et pour défendre les valeurs de la République. Grâce aux moyens que la République leur a donnés, grâce à ceux qu’on appelait les hussards noirs de la République, ces enseignants qui croyaient à l’émancipation par l’éducation, l’ascenseur social a fonctionné pour moi. J’ai réussi à entrer dans cette école prestigieuse, l’Ecole Normale Supérieure pour devenir un professeur agrégé de géologie.
Mais aujourd’hui l’ascenseur social est en panne, le système éducatif français est en Europe celui qui reproduit le plus les inégalités sociales. Faire fonctionner l’ascenseur social c’était mon engagement d’enseignant, rendre à la République ce qu’elle m’a donné, tel a toujours été le sens de mes engagements et de mes combats politiques.
Vous connaissez mes engagements, ils touchent à tous les domaines de la vie publique
Je suis prêt, rien ne m’arrêtera. Tout m’a préparé à ce nouveau défi, mes valeurs que vous connaissez, mes engagements depuis plus de 30 ans, les réalisations auxquelles j’ai contribuées comme Adjoint à Béthune, vice président de l’agglomération ou Conseiller Régional.
Mes engagements à gauche vous les connaissez, ils ont pris diverses formes, mais ce sont toujours mes valeurs qui ont guidé mes choix. Depuis 16 ans je suis membre du Parti Socialiste. Je n’ai pas adhéré par esprit partisan mais parce que cet engagement m’a permis de conjuguer l’utopie et le réalisme de l’action, parce que j’ai fait mienne cette réflexion de Jaurès : le courage c’est d’aller à l’idéal et comprendre le réel. J’ai adhéré au pire moment à Béthune quand beaucoup détournaient leur regard du Parti socialiste ; je n’avais rien à gagner, que des coups et en première ligne j’en ai pris beaucoup. Je ne regrette rien et aujourd’hui, après avoir tant donné, j’aurais aimé être investi par le Parti Socialiste. Ce ne sera pas le cas et je le regrette. Je me présente donc comme candidat de gauche, soucieux comme toujours de porter les valeurs de la gauche .Vous me connaissez. J’ai toujours su prendre mes responsabilités et aujourd’hui c’est parce qu’il ya urgence pour ce territoire que j’ai décidé de braver l’interdit du parti socialiste, comme je l’ai fait avant la loi veil sur l’avortement lorsque la vie de femmes étaient en danger et que je les ai accompagnées pour avorter en Hollande avec le Planning familial.
Dans cette élection j’aurais 2 adversaires de nature différente.
D’abord l’extrême droite intolérante qui utilise les peurs des plus fragiles, des plus faibles pour mieux les manipuler et mettre en place un système politique irréaliste sur le plan économique, injuste socialement, mais surtout synonyme d’’exclusion et de xénophobie. La présence récente de Marine Le Pen en Autriche dansant avec des néonazis est là pour nous rappeler que malgré sa tentative de notabilisation, de respectabilité, les vieux démons de Jean Marie sont toujours là. Plus qu’ailleurs en France, dans cette région qui a inventé la solidarité, la mutualité, les coopératives, qui a participé et soutenu les grandes conquêtes sociales émancipatrices je ne peux pas accepter que les descendants de ces combats glorieux se laissent séduire par les sirènes du Front National. Mais nous devrons nous poser la question de notre responsabilité, car les graines mêmes mauvaises ne poussent que lorsque le terreau est favorable. La menace est là . A nous de dégager le ciel de ces ombres brunes.
La droite républicaine ensuite pour lesquels le combat n’est pas de même nature. Je respecte ce courant de pensée et ces hommes dont l’engagement dans certaines périodes de notre histoire a fait évoluer la société. Je pense au Général de Gaulle lorsqu’il a mis en œuvre, au-delà de toutes préférences partisanes une partie du programme du conseil national de la résistance ; le droit de vote des femmes, la sécurité sociale, les grands services publics ou encore lorsqu’il amis fin à la guerre d’Algérie. Je pense aussi à Giscard d’Estaing avec le droit de vote à 18 ans et la loi Veil sur l’avortement. Mais aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy la République est abîmée au point que même Jacques Chirac dans un moment d’égarement ou de lucidité s’est dit prêt à voter pour François Hollande ne se reconnaissant plus dans les fondamentaux du Gaullisme.
La République a été abîmée, bafouée au nom de l’ultralibéralisme pour lequel l’état est un problème et le démantèlement des services publics la solution. Par les cadeaux fiscaux destinés aux plus privilégiés, les plus riches se sont enrichis, les plus modestes se sont endettés et appauvris, les caisses de l’état se sont vidées. Seul remède à cette pénurie organisée des moyens de l’état, on taxe encore plus les plus modestes, on réduit drastiquement les moyens destinés aux services publics en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite, on réduit les moyens des services de l’état.
L’autre choix, c’est celui incarné par François Hollande. Il a été désigné de manière exemplaire lors des primaires citoyennes du parti Socialiste. Un grand moment de vie politique démocratique comme je les aime, où le débat d’idées prend le dessus sur les querelles d’ego et les ambitions personnelles. François Hollande a non seulement l’étoffe d’un Président mais surtout un programme et l’autorité pour l’appliquer. Son projet, ses 60 propositions constituent une véritable alternative de gauche à la crise profonde que traverse notre pays et notre région. En refusant la fatalité de la crise, il remet le volontarisme et le réalisme politique au cœur de son projet pour les 5 années à venir
. Oui agir, parce que pour moi agir est une seconde nature et que nous avons tellement besoin d’agir dans cette circonscription où les querelles politiciennes, les petits intérêts partisans nous ont englués dans l’immobilisme.
Oui agir au service de tous, c’est à dire au service de tous les territoires, au service de tous les citoyens, au service de l’intérêt général.
Oui agir au service de tous c’est rassembler au lieu de nous diviser, c’est mobiliser toutes nos énergies vers un seul but faire avancer notre territoire, donner de l’espoir, donner la volonté d’agir et de regarder fièrement l’avenir.
André Flajolet cherche un adversaire, qu’il se rassure il est là devant vous. Dites lui que vous l’avez entendu.
Mais avant de chercher un adversaire je cherche d’abord à construire avec vous et pour vous un avenir meilleur.
Oui Agir au service de tous parce que mon plus beau combat c’est vous.
C’est ce message d’espoir que je veux porter en étant candidat pour les élections législatives des 10 et 17 Juin prochain.