Mon engagement auprès de Martine AUBRY
Article de Nord Eclair du 05/10/11 :
"Alors que nous avons perdu 1 000 emplois en six ans, nous déplorons le retard à l'allumage des partis du monde ouvrier. Le PS et le PC nous ont laissés tomber. Nous nous sentons seuls et n'attendons pas grand-chose de vous. » Délégué CFDT et secrétaire du CE d'Aperam (producteur d'inox abandonné par ArcelorMittal), à Isbergues, Patrick Ramelot ne mâche pas ses mots. Derrière l'homme en colère, on sent surtout le militant de gauche amer, déçu et las des beaux discours (« les mêmes que Sarkozy ») de campagne. Pour tout dire, le syndicaliste avait même prévu de quitter la bourse du travail, où avait lieu la rencontre avec Martine Aubry, à l'issue de sa franche intervention. Mais « par respect et professionnalisme », lui et ses camarades ont finalement changé d'avis.
Rare dans le Pas-de-Calais, ce que ne manquent pas de souligner ses détracteurs, notamment à Hénin-Beaumont, où elle se fait toujours désirer, la maire de Lille a bien fait de passer la frontière... Assise à l'autre bout de la table, elle a écouté la diatribe sans sourciller. Et encaisse le coup. « Venant d'une organisation syndicale où j'ai adhéré pendant 20 ans, ça me fait mal. Dans ma vie, tout mon engagement repose sur la justice sociale. J'ai été de tous les combats de la désindustrialisation et il n'y a pas une promesse que je n'ai pas tenue. Cherchez , vous n'en trouverez pas ! », se défend Martine Aubry, blessée par la théorie du « tous pourris », développée par le syndicaliste d'Aperam et qui est aussi celle du vote extrême... « Je comprends votre indignation, mais ne vous trompez pas d'adversaire. Nous ne sommes pas au pouvoir. Je ne suis pas au gouvernement. » Mettre les banques au pas La candidate à la primaire socialiste le dit et le répète, l'emploi est sa priorité et elle est venue dans le Pas-de-Calais, dans des territoires vivant essentiellement de la sidérurgie et de l'automobile, justement pour en parler. Et pour proposer des solutions à la désindustrialisation et aux licenciements, qui « ne sont pas une fatalité », selon elle. Un syndicaliste lui suggère la renationalisation ? Elle explique ne pas y être favorable et préférer l'instauration de « minorités de blocage », moins coûteuses à l'État, mais qui permettent de contrecarrer les stratégies purement financières de certains grands groupes. « Je souhaite aussi qu'en cas de délocalisation, les salariés puissent saisir le tribunal de commerce pour mettre sous tutelle la société et arrêter ainsi le processus le temps que les propositions syndicales soient examinées », souligne la présidentiable, qui rappelle enfin sa volonté de « taxer les produits financiers », de « mettre au pas » les organismes qui les commercialisent et de créer une banque publique d'investissement"