La fusion GDF - SUEZ ou la mise en faillite délibérée du service public de lénergie
Selon les termes de la loi du 9 août 2004, défendue par Nicolas Sarkozy alors Ministre de l’Economie et des Finances, « GDF et EDF resteront des entreprises publiques majoritairement détenues par l’Etat ». Les promesses de la Droite n’engageant que ceux qui y croient, il ne peut y avoir de fusion GDF - SUEZ sans privatisation préalable de la grande entreprise publique.
En privatisant GDF, la Droite mettra en péril notre indépendance énergétique.
Nous le savons tous, les ressources énergétiques mondiales se raréfient. Le temps de l’énergie abondante, et donc bon marché, est derrière nous. C’est la raison pour laquelle l’énergie est un outil géostratégique majeur, qui devient déterminant pour l’avenir des grandes puissances économiques mondiales. Ainsi, en privatisant GDF, le gouvernement nous privera d’un outil industriel performant qui nous fera défaut dans les années qui viennent : la France deviendra immanquablement dépendante du bon vouloir d’intérêts privés pour l’accès à l’énergie. A court terme, c’est le gaz qui augmentera. A plus long terme, c’est l’ensemble de notre économie qui deviendra plus vulnérable du fait de la baisse de la sécurité en approvisionnement énergétique du pays.
Le caractère public de Gaz de France est totalement adapté à notre temps. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les « succès » de la privatisation du gaz chez nos voisins européens. Au Royaume-Uni, par exemple, les prix ont augmenté (+22 % le 1er mars 2006) et le service rendu aux usagers a périclité (par manque de personnel, des milliers de britanniques sont restés sans chauffage pendant plusieurs semaines cet hiver !).
En privatisant GDF, la Droite fera payer la facture aux consommateurs
La privatisation rapportera de l’argent au budget de l’Etat. Mais, en réalité, c’est vous qui payerez la facture de la privatisation. L’Etat perdra la possibilité de s’opposer aux hausses irraisonnables du gaz. Le gouvernement nous rétorquera que la mise en concurrence nous est imposée par Bruxelles et que, de toutes façons, la libéralisation du gaz profitera aux consommateurs, à l’instar de la libéralisation des Télécoms. C’est de l’intox pure et simple. D’abord, la mise en concurrence n’est en rien synonyme de privatisation, comme l’a rappelé le Commissaire Européen à la Concurrence Mario Monti. Ensuite, comparer les télécoms, qui sont un pur produit technologique, avec le gaz, qui est une ressource naturelle non renouvelable, n’a pas le moindre sens.
A l’image frappante du pétrole, les cours du gaz ne peuvent qu’augmenter. Le tout est de réguler son prix final pour le consommateur et c’est bien justement cela que le secteur privé n’a pas vocation à faire. L’objectif de GDF privatisée sera de faire profiter ses actionnaires de dividendes. Bref, de gagner le maximum d’argent à court terme au détriment, en premier lieu, des usagers et, en deuxième lieu, de l’investissement de long terme.
En privatisant GDF, la Droite mettra fin au service public de l’énergie
Les Français sont légitimement fiers de leurs services publics car ils savent que nombre de pays au monde nous les envient. Ils ont raison. EDF, en tant qu’entreprise publique, pratiquait les plus bas prix d’Europe ! Son capital en partie ouvert, elle est encore parmi les entreprises de production d’électricité les plus compétitives. Son efficacité pour l’accès de tous à l’électricité, y compris en cas de catastrophe naturelle, n’est plus à démontrer. La privatisation de GDF - fusionné avec Suez - a pour objectif avoué de « concurrencer EDF », c’est donc cela que souhaite le gouvernement ? Privatiser un fleuron de notre service public de l’énergie pour affaiblir l’autre ?
Ce projet du gouvernement, d’ailleurs peu soutenu par sa propre majorité, reviendra à l’Assemblée Nationale en septembre. Souhaitons que les vacances redonnent un semblant de raison à un premier ministre qui en a décidément bien besoin...