Conseil Régional - Intervention de Daniel Boys en Séance pleinière sur la question de la périurbanisation - 23/11/06

Publié le par Daniel Boys

Monsieur le Président,
Chers Collègues, 

Notre région comme toutes les régions françaises ou européennes connaît de profondes mutations liées à la globalisation de l’économie et à l’internationalisation des échanges. Les dynamiques économiques se concentrent aujourd’hui dans les grandes métropoles. La place de la région Nord Pas de calais dans ce qu’on appelle le croissant bleu a accéléré le phénomène de métropolisation. Nous disposons aujourd’hui avec Lille d’une métropole de niveau européen et de métropoles secondaires, en ce qui nous permet de jouer un rôle important dans la compétition européenne. Cette métropolisation est un atout pour notre développement, pour l’emploi, pour la qualité de vie de nos habitants à condition qu’elle soit choisie, maitrisée et non pas subie. 

L’explosion de la mobilité, la métropolisation des emplois, les coûts du foncier ont entrainé l’élargissement des aires urbaines. Cet étalement urbain dans une région à forte densité de population fortement urbanisée progresse sur l’ensemble des aires urbaines de la région, entrainant sur leurs franges ce qu’on appelle la périurbanisation. 

Les causes de cet élargissement des aires urbaines sont bien identifiées :

 -        Une pénurie et un coût élevé du foncier dans les centres villes qui a entrainé une migration des classes moyennes vers les zones périurbaines à foncier plus accessible. 

-        Un manque de logements sociaux ou aidés dans les zones centrales à haute valeur urbaine lié à la difficulté pour les bailleurs sociaux à mobiliser le foncier, ce qui incite les populations modestes ou très modestes à migrer vers la périphérie et notamment de la métropole lilloise vers le bassin minier. 

-        L’opportunité pour les agriculteurs de valoriser leur foncier, leur assurant ainsi un revenu supplémentaire. 

-        L’opportunité pour les villages ruraux périphériques des zones urbaines d’accueillir de nouvelles populations qui enrichissent les communes sans pour autant avoir la contrainte des équipements structurants qui restent à la charge des villes centres. 

Cette périurbanisation anarchique, non maitrisée, a été rendue possible parce que les politiques foncières étaient cloisonnés donc peu lisibles, parce que les acteurs multiples (Etat, Région, Département, EPCI, Communes) manquaient d’une vision stratégique partagée, voire parfois contradictoire, et enfin parce que les outils de planification foncière comme les SCOT ou les PLU n’étaient pas encore approuvés donc non opérationnels pour beaucoup d’entre eux. 

Les conséquences de cette périurbanisation, de cet élargissement des aires urbaines sont multiples : 

-        Conséquences sociales par la spécialisation des espaces qui renforce la ségrégation sociale. Les villes centres désertées par les classes moyennes sont habitées par des populations très riches ou fortement défavorisés. La mixité sociale tend à disparaître au profit d’une ville duale à fortes tensions sociales. Les quartiers de certaines villes concentrent les difficultés et se paupérisent avec un risque de ghettoïsation. Les villages périurbains hébergent une population aisée, classes moyennes dans les villages les plus éloignés des centres, cadres supérieurs ou professions libérales à la périphérie même des villes centres. Enfin les villes minière voient arriver des populations pauvres qui trouvent dans le logement minier des facilités pour se loger, aggravant par la même une situation  déjà difficile. 

-        Conséquences environnementales : l’étalement urbain a mité le paysage rendant flou les limites urbain/rural. La multiplication des infrastructures de transport et le développement de l’habitat dispersé a contribué à imperméabiliser les sols, ce qui favorise les inondations et la pollution des eaux de surface.  Ce type d’urbanisation peu favorable au transport collectif favorise l’usage de la voiture individuelle responsable de l’effet de serre, de pollution atmosphérique, de l’engorgement routier et de l’augmentation de la consommation d’énergie. 

-        Conséquences sur les finances publiques : la périurbanisation est coûteuse car elle multiplie les réseaux de tous ordres, et les équipements nécessaires.  

-        Conséquences sur la lisibilité des territoires : mise à part Lille, les villes centres de notre région souffrent d’un poids démographique relativement faible. L’étalement urbain les affaiblit alors qu’elles auraient besoin de voir renforcer leurs fonctions de centralité pour les rendre attractives. 

-        Conséquences pour l’agriculture : la périurbanisation morcelle les terres agricoles, prive les agriculteurs d’une vision à long terme de leur activité puisqu’elle considère la terre agricole comme unique réserve foncière. 

Notre schéma régional d’aménagement du territoire est un outil qui doit nous permettre de réaliser un aménagement durable notamment pour maîtriser la périurbanisation qui figure dans notre première directive régionale d’aménagement. Pourtant le SRADT ne peut que recommander la mise en place d’un instrument d’aménagement et de planification car en l’état actuel de la législation il ne permet pas d’élaborer des documents d’aménagement et d’urbanisme opposables au tiers qui sont de la responsabilité des SCOT et des PLU. 

Les directives régionales d’aménagement du territoire élaborées en concertation avec nos partenaires, le guide territorial doivent nous permettre avec les acteurs de terrains, SCOT, communes, agglomération de créer les conditions de mise en œuvre des ambitions du SRADT. 

C’est dans le cadre d’une refondation de la contractualisation que nous pourrons inciter les SCOT, les agglomérations et les communes à intégrer les enjeux du SRADT pour lutter contre la périurbanisation. 

Cette lutte passe par le retour et le maintien dans les villes centres des populations qui ont fui ou qui veulent les fuir. Seule une politique ambitieuse de renouvellement urbain nous permettra d’atteindre cet objectif. 

L’ANRU avec son milliard d’euros, avec son partenariat, nous donne les moyens de rénover le parc HLM des années 60-70 et les habitats industriels liés à la mine, à la sidérurgie et au textile. 

Ce renouvellement est un moyen important pour créer du logement social de qualité dont manquent les villes centres, même si l’offre est encore insuffisante eu égard aux besoins. Cela aboutira nécessairement à une densification urbaine seul moyen de prendre en compte les enjeux environnementaux par l’optimisation des réseaux et en particulier des réseaux de transport en commun. 

Pour éviter que les opérations du renouvellement urbain n’aboutissent à recréer une nouvelle ségrégation sociale,  plus agréable à vivre parce que plus confortable,  il nous faudra amener de la mixité sociale notamment en faisant de ces quartiers rénovés de véritables lieux de vie avec d’authentiques fonctions urbaines en matières de loisirs, de culture, d’activités économiques et commerciales. Cela devrait permettre à terme un retour des classes moyennes vers les villes centres. 

Dans ce souci d’amener de la mixité sociale, la qualité architecturale des bâtiments et le traitement des espaces publics sera un élément important de la réussite.  

La requalification des centres urbains alliée à la densification des centres bourgs des communes périurbaines permettra de retrouver un équilibre harmonieux entre l’espace urbain et rural.

Pour mener à bien ce défi majeur, la mobilisation de tous les acteurs est nécessaire. Par sa démarche participative dans l’élaboration du SRADT, par sa politique contractuelle avec les acteurs de terrain la Région s’est donnée les moyens de la réussite. 

Mais si l’Etat n’accompagne pas financièrement les bailleurs sociaux et les intercommunalités dans la maîtrise du foncier,  notre action se verra nécessairement limitée dans ses ambitions. 

 

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Publié dans Archives 2005-2009

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A
Bonjour , je ne suis pas d'accord avec votre vision de la peri-urbanisation .Actuellement dans le bas pays Bethunois les maisons se construisent le long des axes existants .Celà a l'enorme avantage de ne pas creer de routes supplementaires ..donc cout de la construction moins chere  car reseaux    d' eaux , edef ,telephone dejà existants.Celà permet aux eaux de pluies de continuer a penetrer la nappe phreatique... car si on crée une route ,  l'eau de cette surface ne rentre plus dans le sous sol , a moins de construire des chaussées reservoirs ..mais ici dans le Bethunois on  est encore a la traine sur ce sujet là !La dessus je peux vous faire un cours !Votre idée ou plutôt celle du smescota est de re-concentrer l'urbanisation vers les centres de villes ou village...et bien moi franchement je prefere vivre en ayant un champ et la nature au bout de mon terrain que de vivre dans votre univers concentrationaire où je verrais en permanence l'arrière de la maison de mon voisin et les bruits  que cette promiscuité engendre.Si je suis votre idée les nouvelles constructions ne pourront se faire que par des parcelles de terrains , dans , et  aux abords des villages .Celà engendre  donc des lotissements  avec création de chaussée de reseaux etccc  et tous les problemes vus plus hautCela se fait ..quand un cultivateur fait son petit lotissement personnel quand il vend tres cher une parcelle de terrain de culture sous pretexte qu'il a créé un bout de route. C'est pour lui tres juteux  ! mais je suis desolé , cela fait monter le prix des terrains .De plus les cultivateurs utilisent de moins en moins la culture comme source de revenus .A coté de chez moi j'ai une parcelle de plusieurs hectares qui est en JACHERES depuis plus de 10 ans.Par contre ce cultivateur a amenagé de nombreuses chambres d'etudiants " CAMPUS VERT " qui lui rapportent bien plus que le travail des champs car avec les subventions qu'il a touché, au bout de 5 ans iIl a rentabilisé son investissement ...sa ferme a été renovée grace au contribuables ( subventions )  et son capital immobilier est nettement vaorisé.Alors je me pose la question defendez vous les travailleurs qui veulent a moindre coût batir ou defendez vous les agriculteurs-speculateurs-chasseurs de primes qui de toute façon ne votent pas pour vous.?
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