Tempête (dans un verre deau) à la Chapelle St-Pry
L’exposition de l’artiste nantais Régis Perray a été, ces derniers jours, le théâtre d’une étrange polémique. Joël Caron, porte-parole des Verts dans l’arrondissement, aussi présent que silencieux lors du vernissage de l’exposition, s’est fendu d’un communiqué pour en vilipender « l’indigence ».
Méthode curieuse pour arguments saugrenus. Les Verts, généralement peu habitués à entendre dans leurs propres rangs la diatribe des Christine Boutin, Philippe de Villers et autres progressistes, apprécieront à leur juste valeur les propos sur l’art contemporain de leur porte-parole dans le Béthunois.
Parce que je refuse l’instrumentalisation politique de l’art, j’ai souhaité laisser à l’artiste le soin de répondre sur le fond. Et comme rien ne vaut l’art de visu, je vous invite à visiter l’exposition de Régis Perray «
« Indigente », l’expo à la chapelle « Saint-Prix » ?
Joël Caron, porte-parole des Verts de l’arrondissement de Béthune, tire à boulets rouges contre l’exposition présentée actuellement à la chapelle Saint-Pry.
Les rumeurs étaient parvenues jusqu’aux oreilles de Régis Perray. L’artiste nantais avait fait part de la « tension » qu’il avait ressentie durant l’installation de son exposition, qui avait vu défiler pléthore de mines inquiètes. « Quelqu’un répand des contre-vérités », s’était plaint l’auteur du Tuning Bach, déjà présenté à Béthune. En refusant de révéler le nom de son contempteur.
Hier, Joël Caron, porte-parole des Verts de l’arrondissement de Béthune, est sorti du bois. Et s’est ouvert au maire, par lettre interposée, de l’ire que lui inspire « La Chapelle Saint-Prix ». « Au nom des Verts, je déplore "cette" manifestation d’art contemporain. (…) Outre la vacuité et l’absence d’intérêt de l’exposition, bien que ce terme convienne mal aux extravagances offertes au regard dubitatif voire exaspéré du public, l’indigence et l’insignifiance de ce non événement qui doit pourtant coûter bien cher à la ville et à ses habitants, j’ai eu la surprise de trouver, mis à la disposition des visiteurs, deux dépliants (…) » Les documents font notamment état de la procédure à suivre, sous la forme illustrée d’une notice Ikea pour gamins, pour embusquer un tireur dans le coffre d’une voiture. « Mauvais goût », vitupère Joël Caron. Quand bien même ces réalisations ne sont pas celles de Régis Perray lui-même, mais d’un ami. Le Vert appelle au respect d’un lieu « abîmé et défiguré ». Daniel Boys, chantre de l’art contemporain à Béthune, sera-t-il du même avis ? •
L’artiste Régis Perray répond aux Verts
Après les anathèmes proférés par le porte-parole des Verts de l’arrondissement, Joël Caron, Régis Perray défend son exposition, « La chapelle Saint-Prix ».
Dans une lettre, l’artiste nantais accuse : « Je suis heureux de ne pas être des vôtres à l’approche des élections ; on peut constater que vous profitez de tout, même d’une exposition, pour vos “basses oeuvres”. Vous étiez pourtant au vernissage, vous auriez pu vous adresser à moi, mais vous n’avez pas eu cette politesse et cette volonté de dialogue. » Joël Caron a stipendié « l’indigence » et « l’insignifiance » de la création d’art contemporain. Pour un peu, Régis Perray ressusciterait une querelle des Anciens et des Modernes : « Vos méthodes sont arriérées et bien loin des gens. Même les représentants de la droite, souvent caricaturés comme opposés à l’art contemporain, sont plus ouverts d’esprits que vous. » Depuis son installation, l’exposition a suscité l’ire de Béthunois craignant une dévastation de la chapelle. « Où étiez-vous, poursuit Régis Perray, il y a quelques années, à la pose des cimaises en bois qui ont caché les vitraux ? Ou étiez-vous à la pose de ce sol en matériaux si peu écologiques sur les beaux carreaux colorés ? » L’artiste tente de retenir un mérite de la campagne de dénigrement : le buzz créé autour de l’expo. « Je compte sur vous pour bien continuer à prendre en otage mon projet pour vos intérêts personnels. Quel succès pour l’exposition ! ».
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