Réponse à un commentaire sur la périurbanisation
Commentaire de M. ACARI :
Bonjour,
Je ne suis pas d'accord avec votre vision de la peri-urbanisation .Actuellement dans le bas pays Béthunois les maisons se construisent le long des axes existants. Cela a l'énorme avantage de ne pas créer de routes supplémentaires...donc cout de la construction moins chère car réseaux d' eaux , EDF , téléphone déjà existants.
Cela permet aux eaux de pluies de continuer a pénétrer la nappe phréatique... car si on crée une route l'eau de cette surface ne rentre plus dans le sous sol a moins de construire des chaussées réservoirs... mais ici dans le Béthunois on est encore a la traine sur ce sujet là!
La dessus je peux vous faire un cours !
Votre idée ou plutôt celle du smescota est de re-concentrer l'urbanisation vers les centres de villes ou village...et bien moi franchement je préfère vivre en ayant un champ et la nature au bout de mon terrain que de vivre dans votre univers concentrationnaire; je verrais en permanence l'arrière de la maison de mon voisin et les bruits que cette promiscuité engendre.
Si je suis votre idée les nouvelles constructions ne pourront se faire que par des parcelles de terrains, dans , et aux abords des villages. Cela engendre donc des lotissements avec création de chaussées, de réseaux, etc, et tous les problèmes vus plus haut.
Cela se fait ..quand un cultivateur fait son petit lotissement personnel quand il vend très cher une parcelle de terrain de culture sous prétexte qu'il a créé un bout de route. C'est pour lui très juteux ! mais je suis désolé , cela fait monter le prix des terrains.
De plus les cultivateurs utilisent de moins en moins la culture comme source de revenus. A coté de chez moi j'ai une parcelle de plusieurs hectares qui est en JACHERES depuis plus de 10 ans.
Par contre ce cultivateur a aménagé de nombreuses chambres d'étudiants ; CAMPUS VERT qui lui rapportent bien plus que le travail des champs car avec les subventions qu'il a touché, au bout de 5 ans il a rentabilisé son investissement ...sa ferme a été rénovée grâce au contribuables ( subventions ) et son capital immobilier est nettement valorisé.
Alors je me pose la question défendez vous les travailleurs qui veulent a moindre coût bâtir ou défendez vous les agriculteurs-spéculateurs-chasseurs de primes qui de toute façon ne votent pas pour vous ?
Réponse de Daniel Boys :
Cher Monsieur,
La question de la périurbanisation est une question globale. Pour la comprendre et en appréhender les enjeux, il nous faut sortir du contexte micro-local dans laquelle votre expérience personnelle enferme votre jugement.
Selon les chiffres de l’IFEN, ce ne sont pas moins de
Les conséquences les plus visibles de cette course à la périurbanisation sont connues. Les campagnes, loin de profiter de l’afflux de ce qu’il est convenu d’appeler les « rurbains », se transforment peu à peu en immenses dortoirs. L’augmentation des prix du foncier, née de la demande croissante et non de la pratique de quelques agriculteurs comme vous l’affirmez, conduit à un éloignement croissant de ces rurbains. Des couronnes, de plus en plus vastes, de plus en plus éloignées, se créent autour des grands centres urbains.
L’éloignement croissant des centres urbains coute cher. Cher pour ces rurbains, qui doivent assumer les frais de l’utilisation de deux voitures en moyenne – ce qui deviendra, au fur et à mesure de la raréfaction du pétrole, un luxe inabordable-, cher pour la collectivité dans son ensemble, qui doit réaliser les travaux nécessaires pour l’extension des réseaux (eau, assainissement, collecte des déchets, électricité, téléphone, routes).
Surtout, la périurbanisation coute très cher à notre planète. L’occulter, c’est se moquer de la catastrophe écologique qui s’annonce et dont nous subissons les premiers effets. Les médias s’en font régulièrement l’écho : l’augmentation des surfaces artificielles conduit à une aggravation du nombre et de l’ampleur des inondations, la multiplication des navettes domicile/travail et donc des embouteillages à la pollution de notre air, l’explosion de l’habitat individuel à un comportement global de surconsommation.
Le phénomène de la périurbanisation est plus complexe que l’opposition manichéenne que vous faites entre les gentils bâtisseurs qui votent pour moi, d’un coté, et les méchants agriculteurs qui ne votent pas pour moi, de l’autre. Je ne conçois pas mon engagement politique selon des considérations électoralistes. Mon ambition, née des exigences de l’intérêt général et partagée par la très grande majorité des spécialistes des questions d’urbanisme et d’environnement, est de redonner une attractivité aux villes. Une attractivité financière et une attractivité écologique pour le plus grand nombre. Les allemands, bien avant nous, ont prouvé qu’il était possible de vivre au vert dans les villes, dans des lieux calmes et agréables, pour un coût supportable. Des lieux, d’ailleurs, souvent plus calmes que l’habitat individuel aux maisons collées les unes aux autres, dont la vue sur la nature s’arrête la plupart du temps aux pétunias du voisin.
Enfin, pour conclure, je reviens sur vos propos concernant l’opération « Campus Vert », notamment portée par le Conseil Régional auquel j’appartiens. Cette opération est une des réponses novatrices à la grave crise du logement étudiant. Nombre d’étudiants ne peuvent poursuivre leurs études par manque de moyens ou, pour ceux qui y ont droit, par manque de logements CROUS. En participant à la rénovation du patrimoine foncier rural, le Conseil Régional rééquilibre la solidarité rural/urbain, tout en donnant une réponse à une préoccupation majeure des jeunes, et ce, à un moindre cout pour la collectivité.
Est-ce donc cela qui vous choque à ce point ?
Daniel Boys