Le Béthunois-Bruaysis exclu du dispositif de crédit de taxe professionelle - Lettre ouverte au Préfet du Nord Pas-de-Calais
Monsieur le Préfet,
Les mesures relatives à l’octroi d’un crédit de taxe professionnelle ne s’appliquent ni au bassin d’emploi de Béthune/Bruay ni à celui du Cambrésis qui se sentent injustement exclus d’un dispositif visant à redynamiser les territoires en grandes difficultés d’emploi.
Pourtant ces deux bassins d’emploi présentent deux critères d’éligibilité parmi les trois critères retenus :
- Un taux de chômage supérieur de deux points à la moyenne nationale,
- Un taux d’emploi industriel d’au moins 10 %.
Leur seul défaut est de ne pas être parmi les 20 zones connaissant la plus faible évolution de l’emploi salarié depuis quatre ans.
Comment l’Etat, au travers de la froide et inhumaine logique des statistiques, peut-il considérer que ces deux zones présentent une bonne santé économique et sociale alors que le Cambrésis souffre de la fin des quotas textiles, que le Béthunois-Bruaysis s’apprête à subir la suppression de 410 emplois sur le site d’Arcelor à Isbergues et de 700 emplois sur le site de la Françaises de Mécanique à Douvrin.
L’exclusion de ces deux arrondissements de toute mesure d’aide à des secteurs en grande difficulté est ressenti par les ouvriers, les cadres, les élus, les chefs d’entreprise comme un nouvel abandon par un Etat qui en parole se dit pourtant soucieux de développer l’emploi.
C’est pourquoi, Monsieur le Préfet, au nom du Groupe Socialiste, je vous demande de bien vouloir intervenir auprès de Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances pour que le Cambrésis et le Béthunois-Bruaysis soient éligibles au titre des zones d’emploi pour lesquelles les restructurations industrielles risquent d’altérer gravement la situation de l’emploi, ce qui est le cas de ces deux secteurs.
Monsieur le préfet, en tant que représentant de l’Etat vivant dans la région, vous n’êtes pas sans connaître la réalité de ces deux territoires. C’est pourquoi, j’espère que vous saurez être un interlocuteur persuasif auprès du ministre afin que les élus, les acteurs économiques et sociaux retrouvent confiance dans un Etat dont ils se sentent à juste titre incompris.