L'ancien premier adjoint veut un groupe politique, pas un « Boys band »
Article de la Voix du Nord, édition Béthune du 28/11/11
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À partir de combien forme-t-on un groupe ? Daniel Boys tient la réponse. « En politique, c'est comme en mathématiques, ça commence par un », assure l'ex-enseignant. Vendredi, il a adressé un courrier au maire pour lui demander de « constituer un groupe d'opposition appelé Aujourd'hui pour Béthune demain ». Si Stéphane Saint-André accepte, Daniel Boys en sera l'unique représentant.
PAR DAVID CIERNIAK
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Le groupe portera alors le nom de l'association que l'ancien conseiller régional préside et qui revendique 120 adhérents. « Ce sont des Béthunois et des Béthunoises qui ne se reconnaissent ni dans l'actuelle majorité ni dans l'opposition qui privilégie les coups bas, les querelles de personnes à l'intérêt collectif de Béthune », déclare Daniel Boys. En demandant à Stéphane Saint-André de reconnaître le groupe politique, Daniel Boys tient à mettre encore plus de distance entre lui et Jacques Mellick, encore colistier en 2008. Déjà au conseil municipal, ils ne siègent plus l'un à côté de l'autre. Une façon d'exister, plus que de s'isoler, à côté de son ancien mentor.
« Dans l'avant dernier numéro du bulletin municipal, les responsables du groupe PS-MRC ont signé, sans mon avis, une tribune avec laquelle j'étais en désaccord. Dans le dernier numéro, ils ont supprimé, sans m'avoir consulté, mon nom de la liste des signatures », explique Daniel Boys. Un coup son nom apparaît, un autre non, c'en est trop pour l'ancien premier adjoint. « De tels comportements témoignent non seulement du mépris des règles de fonctionnement démocratique du groupe mais aussi de leur volonté récurrente de me faire disparaître du paysage politique béthunois », estime Daniel Boys. « Ces méthodes sont dignes de temps qu'on croyait révolus quand certains partis se disant démocratiques croyaient faire taire les opposants en leur faisant dire le contraire de ce qu'ils pensaient ou en les faisant disparaître des photos officielles », insiste-t-il. Le camarade Jacques appréciera. Daniel Boys va encore croiser la route de l'ancien ministre puisqu'il assure toujours adhérer au Parti socialiste, et donc à la section Copernic.
« C'est un nouveau règlement de compte dérisoire et mesquin au regard des défis que nous avons à relever pour sortir Béthune de l'ornière où elle est enlisée, en faire une ville attractive, une ville qui retrouve toute la place qu'elle mérite dans l'arrondissement et le paysage régional », juge Daniel Boys.
Mais il revient sur le tour de passe-passe avec son nom, tout en affirmant ne pas en faire une fixation. « Je souhaite remettre de la sérénité dans le débat politique et passer le flambeau », assure le conseiller municipal. En clair, oui à un groupe politique, mais non à un Boys band ou la bande à Boys si vous préférez. Un groupe politique constitué d'un seul individu, une première à Béthune. Pas vraiment dans la ville, connue pour repousser les limites de l'imagination de la politique-fiction. À l'orée de l'an 2000, on se souvient qu'Anne-Marie Duez était reconnue comme groupe politique.
Plus qu'une séparation avec son ancien « patron », la reconnaissance d'un groupe politique ouvrirait à Daniel Boys l'indépendance rédactionnelle dans le bulletin municipal. Et une libre expression. •