Les parents d'élèves de la FCPE et la Ligue déjà au créneau... pour 2012 !
La Voix du Nord, édition Arras du 13/12/11
Dans le contexte d'un élection présidentielle qui approche, la FCPE et la Ligue de l'enseignement tenaient un débat, au conseil général, mercredi dernier, pour informer les citoyens sur l'état de l'école publique.
« 2012 : Quel avenir pour l'école publique ? » était la question. Daniel Boys, président de la Ligue, Jean-Jacques Hazan, président national de la FCPE, Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais, Yves Durand, député du Nord et ancien rapporteur du budget de l'Éducation nationale, se sont bien entendu insurgés contre « l'immobilisme voire la précarisation du système éducatif français ». Et les critiques ont fusé. On a qualifié « d'aberration sur un plan économique » la suppression de 66 000 postes d'enseignants dans l'Académie de Lille. « La dégradation accélérée de notre système éducatif du fait de la disparition du RASED (réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficultés) » ou encore « l'échec de l'aide individualisée, tendant à alourdir la journée des élèves en difficultés » et « la formation calamiteuse des enseignants » ont été évoqués.
À l'appui des critiques, les intervenants ont rappelé le rapport de la Cour des comptes qui relève que la France a le taux d'encadrement le plus faible des pays de l'OCDE. Également pointées du doigt, « les inégalités sociales qui ne sont plus résorbées par l'école, cette dernière les décuplant au contraire. Et le sentiment de grande souffrance qui règne au sein des écoles malgré la bonne volonté du corps enseignant »... toujours courtisé en période post-électorale, mais aussi parfois pointé du doigt dans d'autres rapports.
Et Yves Durand de remettre une louche sur l'actuel budget de l'Éducation nationale qui pour lui est un « budget de renoncement. » Dès lors, pour les intervenants, il faut « refonder l'école publique » et non plus seulement « la réformer ». Un objectif qui doit être « le grand enjeu de... la présidentielle de 2012 ». Le mot est lâché !
Parmi les propositions pour l'atteindre : la création de postes d'enseignants (il faudra aussi penser à les financer pour ne pas en faire un argument électoral démagogique) ; l'instauration d'un socle commun pour tous les collèges.
L'idée de la scolarité obligatoire dès 3 ans a été lancée puisque, comme nos voisins scandinaves le soulignent, l'école permet la socialisation de l'individu dès le plus jeune âge. Dominique Copin de l'UNSA - Éducation, a estimé que « le gouvernement porte atteinte à l'enseignement en supprimant des postes et s'attaque au statut de l'enseignant en tentant de supprimer le concours ou en réformant l'évaluation. » Seule voix un peu moins acerbe dans ce concert de critiques orientées, celle d'Alcide Carton, président de l'URPEP (Union régionale des pupilles de l'enseignement public), qui a constaté la générosité de la loi autorisant le droit de scolarisation des enfants handicapés : « Cette diversité au sein des établissements est une richesse pour tous les élèves et cela contribue à construire l'école de tous. » • JÉRÔME MARCHAND (CLP)