Réponse à Olivier Gacquerre
Les déclarations récentes du 1er adjoint sur les projets sportifs de notre ville confirment le constat que j’avais fait lors de la présentation de « la ville qui s’invente », à savoir la vision d’une ville qui se referme sur elle-même.
Instituer une préférence béthunoise pour les subventions aux clubs sportifs et instaurer un tarif préférentiel aux béthunois pour la piscine, outre qu’il est inapplicable, montrent que la majorité municipale ne pense Béthune qu’à l’intérieur de ses fortifications. Le plan pluriannuel d’investissement prévoit-il de les reconstruire pour éviter que les non béthunois pénètrent dans notre cité sans être taxés ?
Les revirements du maire sur la place de Béthune vis-à-vis du bassin minier et de la métropole lilloise , les déclarations hasardeuses du 1er adjoint envers les habitants des communes de l’arrondissement qui font vivre ce qui reste de notre commerce, conduisent à l’isolement croissant de notre ville.
La majorité municipale n’a pas encore compris que Béthune est une ville centre, qui pour jouer ce rôle doit être attractive et ouverte aux autres, notamment aux habitants des communes qui nous entourent. Ils doivent trouver à Béthune ce que des villes de plus petite taille ne peuvent leur offrir sur le plan de l’emploi, du commerce, des loisirs, du sport, de la culture ou de l’animation.
C’est cette ouverture, ce rôle assumé de ville centre avec ses contraintes qui au cours de l’histoire a fait la richesse et la renommée de Béthune qui ont profité à toute la population de l’arrondissement. Etre cette locomotive nécessite autre chose qu’un repli arrogant à l’intérieur de nos limites communales, autre chose que de demander aux communes de l’agglomération de financer à notre place la patinoire, les voiries du projet privé d’extension d’Auchan. C’est parce que les caisses qui étaient pleines de 6 millions euros d’excédent fin 2007 sont aujourd’hui vides, c’est parce que la majorité n’a pas dégagé de priorité claire en terme de développement, qu’elle en est réduite à faire l’aumône et à faire porter par les autres les conséquences de son échec.
Bien sûr Béthune ville centre doit se doter d’équipements structurants d’intérêt d’agglomération, c’est ce que nous avons fait avec la piscine qui est un succès, bien sûr l’agglomération , le Département et la Région doivent participer au financement, c’est ce que nous avons obtenu, mais elle doit le faire en montrant sa volonté de prendre sa part dans un projet collectif reconnu par tous, c’est ce qu’on appelle assumer son leadership dans le respect des autres.
Par manque d’ambition et de compétence on assiste au déshabillage de notre ville, et la halle aux produits frais qui s’installe à nos portes en est une illustration, mais ce n’est pas en affaiblissant Béthune que les autres communes pourront se développer. Il est grand temps d’arrêter cette spirale du déclin qui si elle continue contribuera à effacer Béthune des villes majeures de la région et à affaiblir tout l’arrondissement.
Enfin je veux dire au 1er adjoint qu’une politique sportive n’est pas l’addition d’évènements qui en eux-mêmes contribuent à l’animation de la ville, ce qui est bien, mais ne constituent qu’un palliatif à une absence de politique sportive.
Si »Béthune la sportive « ne veut pas être qu’un slogan de communication ,il faut commencer par être présent lorsque les clubs comme le futsal ou le rugby accèdent au haut niveau car c’est pour eux une reconnaissance de leurs efforts, il faut autre chose que de vagues promesses sur la construction d’équipements, il faut comme pour l’ensemble de la politique municipale, montrer une volonté, établir un projet et se donner les moyens notamment financiers pour y parvenir.