Revue de Presse : L'aire urbaine de Béthune, lanterne rouge d'une enquête nationale de « L'Express »
Le magazine « L'Express » publie un classement des 50 villes les plus dynamiques. L'aire urbaine de Béthune figure à la dernière place.
PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT- LA VOIX DU NORD
Il fallait oser. Vendredi, le directeur de cabinet du maire de Béthune l'a fait. À le lire, cette 51e place (sur 51) au classement général des villes les plus dynamiques publiées par L'Express serait une bonne nouvelle. « L'analyse objective de ce dossier est que notre ville rayonne à nouveau au niveau national », se targuait-il dans un communiqué, répondant un peu vite « aux esprits chagrins (qui) stigmatiseront le classement de notre ville par rapport à d'autres ».
Comprenez le Ch'ti Béthunois, blog des partisans de Jacques Mellick. Lequel n'a pas attendu deux jours pour mettre ce classement en ligne. Dans un premier jet, il occultait totalement la prise en compte des aires urbaines avant de s'y pencher dans un deuxième commentaire. Il oubliait aussi que les données utilisées sont parfois antérieures (mais pas toujours) à la gestion de l'actuelle municipalité. En d'autres termes, ce classement n'est flatteur pour personne, montre une urgence et quelques circonstances atténuantes. L'Express les résume en écrivant qu'« il est plus facile de gérer la Ville rose (Toulouse, 2e) que Béthune ou Montbéliard ».
Contacté hier, Stéphane Saint-André rectifie d'ailleurs la réaction hâtive de son cabinet (lire ci-dessous). Lui voit plutôt dans ces chiffres un « encouragement » à poursuivre les efforts. Le propos fait sourire Daniel Boys. Le conseiller d'opposition craint plutôt, tout en constatant le classement de l'aire urbaine Lens-Douai comparable à celui de Béthune, que ça n'aille pas en s'arrangeant. Explications de l'ancien premier adjoint de Mellick : « L'alternance politique n'est pas bonne. Le fait de revenir sur les projets des prédécesseurs affaiblit Béthune. » Il cite le classement « culture » où l'aire urbaine est dernière. Or, deux projets de musée d'ethnologie ont été stoppés en 1997 puis 2008, rappelle-t-il, sans compter le cinéma et l'arrêt du complexe de la gare. Il s'attarde encore sur le tourisme, observant qu'à l'heure du Louvre-Lens, « on n'a jamais débattu sur ce sujet en conseil municipal », arguant qu'avec Jacques Mellick, il voulait en parallèle faire de la ville une référence architecturale.
Pour le reste, toujours selon Boys, ce classement va dans le sens d'une vision globale du territoire. « Il faut que tout le monde accepte que Béthune est une ville-centre, mais il faut aussi qu'elle soit la locomotive », poursuit celui pour qui la politique de préférence sportive ne va pas dans la bonne direction.
Un point sur lequel Alain Wacheux, président d'Artois Comm., est d'accord : « L'attractivité de l'agglomération ne peut se faire qu'avec une ville de Béthune forte et dynamique. » Quant à l'enquête : « Elle n'est pas significative. Elle est complètement biaisée puisqu'elle compare des villes qui ne sont pas comparables. Elle ne nous aide même pas à voir les progrès à faire. » •