Un budget en trompe l'oeil

Publié le par Daniel Boys

Article la Voix du Nord, édition Béthune du 16/12/11

Le conseil passe le budget sans l 'aval de l'opposition qui crie à l'« escroquerie »

vendredi 16.12.2011, 05:06 - La Voix du Nord

| ON EN PARLE |

Il n'y aura pas de trêve des confiseurs. Pour l'adoption de son budget primitif, avancé pour la première fois au mois de décembre, le conseil municipal a été secoué hier par nombre de désaccords. « Budget de résignation. » « Tour de passe-passe. » On a tout entendu avant que le budget ne soit adopté, sans surprise... contre l'avis de l'opposition. PAR ALINE CHARTREL

 

bethune@info-artois.fr

Anne Écuyer s'abstient. L'opposition vote contre. Les « anti » avaient prévenu, lors du débat d'orientation budgétaire, qu'ils réserveraient leur courroux pour le vote du budget primitif. Ça n'a pas manqué. Hier en conseil municipal, on a vivement réagi sur les histoires de gros sous avancées par la majorité.

Et c'est Daniel Boys qui lance les hostilités. « Bien sûr l'endettement est préoccupant, la fiscalité locale trop élevée », mais « chaque année passée dans l'immobilisme rendra plus difficile les possibilités de nous en sortir », assène-t-il. Le cavalier solitaire regrette un « budget de résignation » : avec un budget prévisionnel (et prudentiel) de 61 M E, 46 iront au fonctionnement, et « seulement » 15 à l'investissement. Autrement dit, aux projets qui ont trait au patrimoine de la commune. L'an passé, il était de 23 M E. « Vous l'avez assez souvent dit, les emprunts d'aujourd'hui sont les impôts de demain », rétorque Stéphane Saint-André. Des impôts que la municipalité se refuse à hausser l'année prochaine, d'où aussi un taux d'autofinancement assez bas, qui frôle les 4 M E.

Ainsi pour l'année à venir, la ville prévoit-elle d'engager ses deniers sur des opérations ciblées et de moindres coûts. L'ANRU et l'éco-quartier Testut en constitueront l'essentiel, avec respectivement 3,5 et 1 M E. La gare d'eau, le plan vélo, la rénovation de la passerelle SNCF, l'aménagement du quartier rue de Lille en sont d'autres exemples. Dans l'inventaire de ses arguments, le maire fait valoir que « Béthune est déjà suréquipée, avec des équipements équivalents à une ville de 60 000 habitants supportés par ses seuls 27 000 habitants ».

Des dettes encore et toujours

Quant aux difficultés financières rencontrées aujourd'hui par la municipalité, Olivier Gacquerre sort le bâton. « Ne sont-elles pas liées aux délégations de service public que vous avez lancées ? Si d'un coup de baguette magique, vous pouvez réduire la fiscalité, je vous invite à prendre ma place tout de suite. » En cause, les deux DSP concernant Q-Park (1,2 M E) d'une part, et le centre aquatique Vert Marine (1,3 M E) d'autre part, Autant de sous à dépenser et qui pèsent sur les tirelires des riverains. Avec, en prime, un contentieux annexe à 17,8 M E. « Ce n'est pas parce qu'on nous réclame cette somme que ça leur donne raison », lance Stéphane Saint-André à un « monsieur propre » (dixit le 1er adjoint à Daniel Boys) qui craint que la justice ne leur soit pas favorable.

Et l'emprunt revolving de 6 M E pour combler le dû de Verquigneul après son départ ? Un « tour de passe-passe » pour Jean-Pierre Deruelle, d'Aimer Béthune, qui prétexte qu'en le faisant figurer dans les comptes administratifs, le maire cherche à masquer le déficit. « C'est de l'escroquerie intellectuelle », tance-t-il. « Il ne fallait pas, avec votre coeur d'artichaut, retirer ce contentieux contre l'État, regrette de son côté Jacques Mellick. Il ne tranchera jamais. » Et de signaler l'erreur du préfet de n'avoir pas précisé la somme due lors de la séparation. Car en marge de l'emprunt (dont la majorité compte se servir pour son taux avantageux à 3,08 %), la ville doit faire face à un endettement de 59 M E. Extinction prévue en 2034. •

Publicité

Publié dans Dans le Béthunois

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article