Israël - Palestine : la paix introuvable

Publié le par Daniel Boys

Depuis plusieurs décennies, les relations israélo-palestiniennes se trouvent dans un cercle vicieux sanglant : au terrorisme aveugle répondent les opérations de « maintient de l’ordre », aux bombes de Tsahal ripostent les attentats-suicides des groupes armés palestiniens. Les représailles n’en finissent pas de nourrir de nouvelles représailles au point où, finalement, on en vient à se demander si cet engrenage infernal de la violence connaîtra un jour son épilogue.
 
A cet égard, les dernières nouvelles du Proche-Orient n’incitent pas à l’optimisme.
 
En Israël, l’état de santé d’Ariel Sharon ne lui permettra plus d’assurer ses fonctions de premier ministre, ouvrant ainsi une nouvelle période d’incertitude sur la poursuite du processus de paix. Nul hasard si les plus ultra fondamentalistes, tant israéliens que palestiniens, se sont explicitement réjouis de cet événement ! Certes, la politique du gouvernement Sharon n’a pas toujours été des plus pacifiques comme le passé nous l’a prouvé à de nombreuses reprises, néanmoins, son courage politique concernant l’évacuation des colonies de la bande de Gaza augurait de nouveaux gestes forts envers les palestiniens. Contrairement à Benyamin Netanyahu, Sharon n’a jamais été un idéologue du grand Israël, mais un pragmatique. Il souhaitait la sécurité de son peuple, qu’il pensait obtenir par un mélange de combat et de concessions. Le paradoxe n’est qu’apparent : Sharon avait compris qu’il ne pouvait y avoir de sécurité durable sans paix et que cette paix n’était pas possible sans sécurité immédiate.
 
En Palestine cette fois, le triomphe du Hamas aux élections législatives inquiète. Au vu des objectifs de sa charte, à savoir la création d’un état théocratique islamiste et la destruction de l’état d’Israël, même les plus optimistes du camp de la paix perdent espoir. Dans ces conditions, en effet, comment imaginer qu’un simple dialogue entre les gouvernements soit possible ? Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité palestinienne, en a pleinement conscience. S’il appelle le Hamas à reconnaître Israël et à renoncer à la lutte armée, c’est bien évidemment parce qu’il s’agit du préalable à une éventuelle reprise des négociations. D’ailleurs, le vote massif des palestinien pour le Hamas ne doit pas forcement être interprété comme une volonté de radicalisation politique. En réalité, la corruption du Fatah, son usure du pouvoir, son incapacité à redresser l’économie et l’efficacité du réseau d’action social du Hamas ont sans aucun doute constitué les raisons majeures de ce raz-de-marée électoral. On peut donc estimer qu’un futur aggiornamento du Hamas n’est pas totalement impossible même s’il apparaît, tout du moins dans l’immédiat, bien peu probable.
 
Décidément, l’histoire du conflit israélo-palestinien à une tragique tendance à se répéter : en 1995, l’assassinat de Yitzhak Rabin réduisait quasiment à néant le processus de paix. En 2000, la seconde Intifada marquait l’échec des accords de Camp David. En 2006, après une relative accalmie, le ciel du Proche-Orient semble de nouveau s’obscurcir...
 
 
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Publié dans Archives 2005-2009

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